9 février 2009

Le monde selon les B





Le monde selon les Bernard est divisé en 2 camps : d’un côté, les défenseurs du Bien, de la veuve, de l’orphelin, de la liberté immuable et de la justice sans limites. De l’autre, les nostalgiques des heures les plus sombres de notre histoire, les révisionnistes rances, les patriotes aigris.




Toute remise en cause du dogme de l’infaillibilité bernardale voue son auteur aux gémonies et vous transforme en suppôt d’Henri Béraud ou d’Abel Bonnard ("gestapette").

« Cosmopolite », selon la définition dans le dictionnaire de l’Académie Française est Cosmopolite celui qui se considère comme s'il était le citoyen du monde et non d'un État particulier. L’usage antisémite stalinien parlait de « cosmopolitisme sans racines ».

Pour le compte, si Péan est antisémite… alors Jean-Jacques Rousseau l’est tout autant :

«Méfiez-vous de ces cosmopolites qui vont chercher au loin des devoirs qu'ils dédaignent remplir chez eux. Tel philosophe aime les Tartares pour se dispenser d'aimer ses voisins. »

La phrase de Pierre Péan sur le « cosmopolite anglo-saxon » est compréhensible dans ce sens… Les Bernard ont construit leurs carrières respectives sur l’indignation sélective, la confiture des bons sentiments lointains, la guimauve humanitariste convertie en amer désir guerrier, sans pour autant se comporter d’une manière décente (au sens Orwellien du terme) avec leurs proches semblables…

Mais contester le fond de l’action et l’éthique personnelle de ceux qui incarnent le Bon, le Vrai, le Bien est une lourde tâche tant les pesanteurs du journalisme grégaire, la pusillanimité du plumitif en charentaises, l’apathisation des esprits sont diffuses dans notre médiacratie.

C’est là où l’on arrive à des situations kafkaïennes et hallucinantes, où l’auteur d’une enquête sur la moralité d’une figure de la République, défenseur des droits de l'homme, qui, en réalité, allait à la soupe aux pétrodollars, devient l’accusé principal d’un procès en antisémitisme.

Or, instrumentaliser l’antisémitisme afin de dissiper une affaire d’éthique personnelle n’est pas une faute, c’est un crime… contre l’Histoire et contre les juifs eux-mêmes. Mais les Bernard s’en foutent comme d’une guigne de l’Histoire, ils la convoquent uniquement pour n’y voir que la face sombre du Pays ou pour bâtir le telling de leur propre légende dorée.


Et les petits procureurs sont nombreux, même Schneidermann s’est transformé en Askolovitch de sous-préfecture dans cette affaire…


Les petits empereurs du Bien n’ont pas de souci à se faire, les chiens de garde veillent… à humilier ce fils de domestique devenu l’un des derniers représentant du journalisme d’investigation.

Dieu merci, les Bernard ont l’opinion de leur côté… Ainsi, selon LH2 aujourd’hui, 71% des français n’avaient pas changé d’avis sur Bernard Kouchner (qui n’a jamais gagné une législative partielle), nous non plus …



27 commentaires:

  1. Je pense que la question soulevée par Schneidermann est une bonne question: Si Péan l'a fait "exprès", ça revient à dire qu'il a donné le bâton pour la rouste. peu probable. S'il n'est pas un imbécile (ce que tout le monde reconnaît), il SAIT que l'usage d'un tel mot dans un livre mettant en cause un Juif lui sera reproché, et que plus rien d'autre que ça ne sera audible. Son enquête pèsera donc moins lourd qu'un mot. Il n'a pas pu faire cette erreur, même pour de simples raisons éditoriales.
    Il me semble donc évident qu'il n'a pas mesuré le potentiel du mot, qu'il n'a rien prémédité , simplement parce qu'il ne mettait aucune intention antisémite derrière.
    A titre personnel, j'ai beaucoup apprécié les quelques interventions de Couche-Nerfs où il ne répond pas sur le fond, sur les faits, mais se scandalise de ce mot. Bien joué...

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  2. Bien sûr... mais Péan ne pensait peut-être pas que ce mot était à ce point "miné".

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  3. Le devoir d'un écrivain n'est-il pas d'utiliser le juste mot ? Même si ce mot a été "dévoyé", par le passé ?
    Putain mais il s'arrêtera plus jamais de reculer ce damné pays !

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  4. Détestable shneidermann dans son rôle de procureur sûr de tenir enfin entre ses mains un vrai salaud.
    Mi-nable.

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  5. Oui, si sa question est intéressante, en même temps, derrière il renonce à son objectivité pour sombre dans un pathos inquisitoire : "le fond de son âme" ? Pas très journalistique...

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  6. Péan ne devrait pas se démonter, c'est l'occasion de donner un cours sur ce qu'est le cosmopolitisme à la sauce Bernard. Le grand Bernard à chemise Blanche l'ayant assez théorisé.

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  7. Péan est une tarlouze !!

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  8. Péan a surtout 71 ans et il est fatigué par ces conneries...

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  9. Comme d'habitude pour mettre l'opinion de son côté, on victimise les juifs: "Oh mais regardez les conséquences de vos actes! Instrumentaliser l'antisémitisme, c'est un crime contre les juifs!"

    Non non et non! Cette fois ci les juifs sont COUPABLES! Arrêtons de les victimiser sans arrêt pour faire pleurer les cons!

    Les deux camps prétendent qu'ils sont victimes! Arrêtons non de Dieu! Ils sont coupable aussi de temps en temps!

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  10. Je vais paraitre ignorant mais avant cet affaire je ne savais même pas que Kouchner était un juif. Ce qui ne m'empêchait aucunement de le prendre pour un faux cul de la pire espèce. Suis-je un antisémite refoulé?

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  11. @ Yann

    Dans le prolongement de ton commentaire:

    http://www.marianne2.fr/Affaire-Kouchner-quand-Guillon-tourne-en-ridicule-le-politiquement-correct_a174963.html

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  12. http://despecadilles.com/blog2/2009/02/jen_veux_plus_comme_dans.html : peccadilles synonyme : mises sous surveillance illégales, lynchage et plagiat ?
    voila. Sinon ça, c’est une tentative de gros scandale public, ça peut toujours servir à calmer du monde. Merci pour l'espace d'expression.

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  13. Le tribunal de l'inquisition ! Au buché Péan.
    A force de jouer aux crétins avec leurs accusations systématiques ils vont finir par y arriver à faire remonter le sentiment d'antisémitisme. A croire que c'est ce qu'ils cherchent.

    Péan lui dit que non, il a la trouille, il se courbe, lui dit que s'il avait su il aurait écrit autrement. Et non, l'autre en rajoute une couche, le pousse au bout, et décèle en lui un vieux fond de pro-nazi...

    C'est révoltant tout simplement

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  14. @ René.

    Guillon est bon jusqu'à sa conclusion : Il ne faut pas pour autant arrêter de lutter contre les vrais antisémites comme Dieudonné...

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  15. Un préalable s'impose : lire le livre.

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  16. Je renvois les lecteurs curieux de savoir ce que Péan a réellement écrit dans son livre à ceci: http://www.marianne2.fr/Ce-qu-a-vraiment-ecrit-Pierre-Pean_a174727.html
    Pour qu'un ministre ose parler d'antisémitisme après ça sans craindre que les journaux le démentent comme un seul homme, il faut qu'on soit tombé bien bas.

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  17. dede du bouchonoy10 février 2009 à 02:48

    jai remarqué que guillon ne pouvait pas sempecher de dire de la merde sur dieudo. à chacune de ses apparitions sur canal. c'est systematique. mais ce n'est pas du fanatisme. c'est une sorte de couverture. On peut dire pas mal de merde, du moment qu'on chie sur dieudo on montre qu'on est du bon coté. on est couvert.

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  18. Péan a bien raison d'user des termes qu'il souhaite pour raconter ce qu'il veut (oui c'est profond)...

    Petit j'avais un jeu de société, le Cosmopolitain, étais-ce un jeu familial antisémite ?

    Le "choc des civilisations" passe aussi par une réappropriation des termes, il y a une guerre lexicale en cours pour formater les esprits. En simplifiant le sens des mots on simplifie les idées qu'ils véhiculent. Décrier ceux qui servent le camp des capitalistes supra-nationaux revient désormais à être marqué du sceau de l'infamie, procédé cher à BHL...

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  19. Chausson aux pommes10 février 2009 à 11:19

    Il est intolérable de devoir prendre cette menace en compte avant de s'exprimer, c'est avoir déjà perdu.
    Plutôt que de marcher sur des oeufs écrasons les clairement à chaque pas et revendiquons-le, la langue française est un joyau qui ne doit pas être pris en otage dans cette guerre sale. Nos élites effectivement cosmopolites maltraitent aujourd'hui cette belle langue matrice d'esprit critique qu'est la langue française comme jamais dans l'histoire, il n'y a qu'à voir Sarko, Royale... Défendons là !

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  20. Babouche à la poire10 février 2009 à 11:26

    C'est un processus orwellien qui est en cours : les mots servant à critiquer le pouvoir sont peu à peu proscrits du langage "officiel", ceux servant à critiquer l'opposition à celui-ci sont "normalisés".
    J'ai récemment lu sur yahoo news qu'une ministre envoyait un intermédiaire "calmer" les syndicats !
    Les syndicats ne sont ni des animaux ni des enfants turbulents, on ne les "calme" pas, on les écoute, on dialogue ou s'oppose à eux car ils représentent les travailleurs... révélateur.

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  21. S'il avait voulu tapper sur la morale comme il le dit, fallait tapper sur BHL.

    Kouchner c'est vite fait un bon exemple.

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  22. Le newspeak à l'œuvre, utilisé par la Néo-Inquisition de la Sainte Église Droit de l'Hommiste dans un pays peuplé de manants non plus endormie à la gnôle mais à M6 et Libération.

    Il n'y a plus aucun doute, notre civilisation redéfinie chaque jour le concept de la déchéance.

    Quand on aura fini de creuser le fond qu'on a touché il y a plus de 40 ans déjà, on se retournera et on ne sera même plus capable de distinguer la lumière au bout du puits.

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  23. " même Schneidermann s’est transformé en Askolovitch de sous-préfecture dans cette affaire…"

    Très bien vu.
    Le membre du gouvernement préféré des francais se défend comme il peut, c'est à dire pitoyablement, en même temps, il n'y a pas grand chose à attendre d'un si pitoyable individu tel que Bernard K.
    N'a-t-il d'ailleurs pas été le Gauleiter du Kosovo?

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  24. Les mots, nous leur mettons des masques, un bâillon sur la tronche
    A l'encyclopédie, les mots!
    Et nous partons avec nos cris!
    Et voilà!

    Il n'y a plus rien...

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  25. BEBOPER a dit:
    "Pour qu'un ministre ose parler d'antisémitisme après ça sans craindre que les journaux le démentent comme un seul homme, il faut qu'on soit tombé bien bas."

    Je dirais plutôt monté bien haut...

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