21 mai 2018

Choses vues au Globalistan - Les Blondes




Depuis la Périphérie, 21 mai 2018.


CECI EST RACISTE !

(Support pseudo-artistique à finalité commerciale. Exutoire raciste acceptable, début XXIe siècle)

La conséquence inéluctable du multiculturalisme érigé en norme supérieure est qu’in fine a) tout le monde peut se considérer comme une minorité, se regrouper et s’organiser en tant que tel, dans une course sans fin ni limite pour des avantages – y compris moi-même, petit Périphérique pacifique, non-radicalisé, non-émeutier, et par conséquent ignoré des politiques publiques –  et b) que dans un certain nombre de cas, cette tendance aboutit dans son ultime conséquence à considérer les autres comme des sous-catégories, c’est-à-dire comme des Untermenschen. Chacun sa minorité, chacun sa communauté, chacun ses droits, chacun ses acquis et l’autre étant autre, « qu’il se débrouille avec la défense de ses intérêts propres ». Autrement dit : qu’il se démerde pour faire valoir ses droits, on s’en fout et même plus : non seulement on s’en fout, mais on l’exclut si ses droits contredisent les nôtres – c.f. la négation du racisme anti-Blanc ou ces putains de réunions « racisées ».

C’est d’autant plus exact qu’il y a un facteur typiquement français qui en rajoute une couche : l’égalité. Il y a en effet une anthropologie française du ressentiment que la révolution (je ne mets jamais de R à révolution) a exacerbé : si nous sommes tous des citoyens égalitaires, alors, je t’emmerde. Corollaire : le garçon de café n’a pas à être aimable avec les clients, car il a des droits, monsieur ! Les Robespierristes considéraient qu’être aimable avec le client était une manifestation désuète contre le Progrès.

La boucle est ainsi bouclée : telle minorité se constitue, se construit et revendique face à une discrimination réelle ou ridicule, voire inexistante, elle finit à son tour par repousser les autres avec la même énergie destructrice, par ce simple mouvement – en existant comme minorité, elle se distingue. Les autres peuvent crever ou souffrir en silence – surtout si elles ne pensent pas à se constituer en minorité revendicative. C’est cool, ça fait rire tout le monde. L’exemple du jour : les Blondes. Voilà une minorité que le monde entier, spécialement au Sud nous envie. La blonde est un fantasme : des centaines de millions de connards sexuellement frustrés au Sud croient que les blondes sont à peu près des putes, des femelles sexuellement affranchies, par exemple parce que les films pornos qui font que certains migrants sexuels frustrés essaient de franchir nos frontières, leur ouvre des horizons sur des pratiques qui dépassent la zoophilie ou le coup de chamelier vite fait. En Suède, des voix s’élèvent pour dénoncer le délit de faciès et les mains aux fesses dont souffrent les blondes locales de la part des migrants. La Blonde, ainsi, est parée de stéréotypes exclusivement négatifs – appétence sexuelle, froideur manipulatrice, stupidité, séductrice... Et on ne parle pas de cette pratique orientale du pelotage collectif que les Blondes de Cologne et de nombreuses villes d’Europe du nord ont dû affronter de la part de petites merdes maghrébines – le taharrush gamea.

Le mot « blonde » lui-même est devenu une insulte qu’on jette, synonyme de « stupide ». Dirait-on qu’un métis est un cas social, parce qu’il n’a ni l’intelligence des Blancs ni le sens du rythme des Noirs ? Non. On s’autorise donc partout des blagues et des stéréotypes racistes contre les Blondes, parce que les Blonds ne sont pas – encore – en corps constitué et défensif. Un roman l’a bien montré – Pornification, de Jean-Luc Marret (https://www.editionsintervalles.com/catalog/pornification/) , qui décrit une actrice – Karin Schubert, oui, celle qui joue la Reine dans la Folie des grandeurs –, devenir une victime systématique en raison de ses caractéristiques physiques, et pire même, l’intérioriser et se transformer en victime consentante – comme une enfant battue se sent coupable, parce que son père ne saurait la battre s’en raison. Cette image de la blondeur stupide, mais séductrice vient de loin, semble-t-il : d’un petit roman du XVIIe siècle. Il fut globalisé par Hollywood. Ça court nos rues désormais. Vous vouliez du multiculturalisme ? Je vous en donne.

18 mai 2018

11 choses qu'une personne intelligente ne dit jamais

Jack Lang, parrain du CGB, nous l'avait dit dès le début : « quand vous commencerez à écrire des "tops", c'est que vous aurez touché le fond ». Le saint homme... Pourtant, quoi de plus utile que de rassembler les tournures de phrases qui aident à détecter le con parmi vos interlocuteurs, et à désespérer sans plus attendre de l'issue positive de la discussion ?



Les intelligents qui ont l'air con seront toujours 
moins nombreux que les cons qui ont l'air intelligent



Ernst Jünger le notait avec justesse dans son journal, à la suite d'une conversation qu'il avait entamée avec son voisin de train : « après les trois premiers jugements de valeur, on sait que l’interlocuteur appartient à l’autre camp, et l’on se cantonne dans de courtois lieux communs ». On en a tous fait l'expérience un jour : au cours d'une discussion, l'emploi d'un mot, d'une formule, d'une réflexion, qui résonne comme un coup de pistolet et nous fait nous exclamer intérieurement : « voilà typiquement une remarque de con ! ».

Nul besoin, parfois, d’en arriver à l'examen du fond de l’argument : c’est le mot, la tournure choisie, qui porte le sceau reconnaissable de la connerie authentique. Magnifiquement, l'homme intelligent les évite d'instinct. Le CGB a répertorié ces phrases pour vous :

22 mars 2018

Tai Balo ou l'alter-touriste

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Au Vietnam, les habitants utilisent l’expression péjorative tai balo pour désigner le genre de touristes qu'on appelle dans notre langage "backpacker" ou "routard". Pour faire un rapide dessin : le touriste classique monte dans un cyclopousse pour faire le tour des sites à voir absolument, tandis que le tai balo loue une moto un peu déglinguée pour parcourir la campagne et sortir des sentiers battus. Il est persuadé que son écharpe en lin bio et ses claquettes en bambou local le fondent dans la population.

Les destinations exotiques comme celles-ci abritent bel et bien, en effet, ces deux types de faune occidentale :
  • D’un côté, le touriste « Club Med », soixantenaire abonné aux circuits organisés, ventripotent, sandales-chaussettes, dont l’archétype est le retraité allemand - lui vient chercher le soleil qu’il n’a pas chez lui et si possible un supplément d’âme qu’il pourra ramener dans ses bagages. C'est plus ou moins lui que l'on trouve traité dans le roman Plateforme de Michel Houellebecq.
  • De l’autre côté, le tai balo : 25-40 ans, look négligé, débardeur et pantalon ethnique, le lobe d'oreille troué et élargi par un rond en métal, les bras et les mollets bariolés de tatouages primitifs, asiatiques, arabisants… Le gars à la recherche d’autres voies mais qui s’est visiblement paumé en chemin.
Ce qui est délicieux, c’est que c’est lui, le tai balo, que les locaux ont jugé nécessaire d'épingler par un nom d’oiseau. C’est lui qui interloque et qui paraît une bête curieuse, plus que l'Allemand à caméscope, qui au moins compensait sa présence par la consommation d'articles souvenirs ou de cartes postales.

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Le tai balo, tel le lieutenant John Dunbar dans Danse avec les loups, croit avoir déserté l’Union, abandonné l’uniforme et rejoint les Peaux-Rouges pour vivre avec eux, mais en réalité son camouflage ne trompe que lui. On ne le confond pas. Sa conception du voyage, construite en opposition à celle de notre Allemand, n'est pas perçue comme telle par l'autochtone : elle s'impose à ce dernier comme un produit d'importation tout aussi grotesque et incompréhensible sinon plus.

Le tai balo et l'Allemand hagard râpant ses claquettes sur le carrelage de la piscine du resort hotel : ils ne sont qu'un seul et même personnage, celui de l'Occidental épuisé. Tous deux sont là en convalescence civilisationnelle, paumés, ne sachant plus où ils en sont.

Il n'y a pas 36 façons d'être un touriste, et il n'y en a qu'une de ne pas en être un : c'est de rester chez soi.

17 février 2018

L'éternel féminin


Selon une formule ancienne mais promise à un avenir considérable, on ne lit plus Rémy de Gourmont. Ce nom propre placé en fin de phrase peut naturellement être remplacé par une liste impressionnante d’équivalents. Rémy de Gourmont fait partie de ces littérateurs du XIXème siècle, à la fois érudits, romanciers, poètes, chroniqueurs, critiques, incarnant ce que les humanités ont pu produire de plus solide. Chez Rémy de Gourmont, c’est le chroniqueur qui a ma préférence. Rassemblées en volume sous le titre Epilogues, ses chroniques des années 1895 à 1898 nous renseignent parfois sur notre époque. Au chapitre traitant des féministes, on trouve :

« (…) En certains États de l’Amérique du nord, où elles sont maîtresses, elles ont fait fermer les cabarets, les bars, les cafés, les cercles, les théâtres. Bibliques, elles ont ordonné la stricte observance dominicale, défendu les bals, les jeux - et les mauvaises mœurs. Une police immense surveille tout. Pour se faire délivrer un grog – même américain – il faut une ordonnance de médecin et les manipulations de l’apothicaire, qui seul peut vendre les alcooliques poisons. C’est le moyen-âge de la légende ; ce serait l’opéra-bouffe, si ce n’était l’enfer. Elles ont ainsi obtenu une société idéale où tout est sacrifié à la famille, à la femme, à l’enfant, - société toute théorique, car l’Anglo-saxon est hypocrite et nul, pas même sa femme, ne peut l’empêcher de se saouler à domicile, mais société légale qui a épouvanté les voyageurs européens. (…) »

Marvel annonce la toute première héroïne musulmane au cinéma. Son pouvoir :