23 mai 2006

Le CGB aime le zingo.


On le savait tapi dans l’ombre depuis le 21 avril, c’est sûr il nous avait bien eu... On se devait de le reconquérir, de le comprendre, de caresser son désarroi, guérir ses blessures avec le baume de notre humanisme.Qui ? L’écumeur du zinc, le pilier de bar, un personnage devenu furieusement tendance ces cinq dernières années.



Cette lame de fond initiée par Renaud (grand adepte des bars parallèles comme il l’affirme) semble être arrivée en ce printemps 2006 à son climax.

Ainsi, la France royalo-sarkozienne toujours traumatisée par le 21 avril et les émeutes en banlieue , n’a que deux mots à la bouche pour absoudre son propre aveuglement : proximité et terrain. Ces deux mots sont les nouvelles mammelles afin de résorber cette fameuse "crise du politique" et d’y extraire cette mystérieuse "citoyenneté".

C’est dans cette optique que le député de Castres apparenté UDF Philippe Folliot se rend chaque matin depuis septembre 2003 dans un café différent de sa bonne ville pour y participer aux conversations et offrir le café à ses concitoyens et électeurs comme il le dit si bien lui même (1) :

"Je veux retrouver l’inspiration de l’échange dans ce qui fut toujours un lieu de débat politique, autour du zinc."


Notre député qui a bien retenu les "leçons" du premier tour de 2002 , s’en va donc prêcher la bonne parole en distribuant des petits noirs (pas du ricard quand même !), non dans les fameux cafés-philo (c’est pour les pédants) mais dans les bons vieux bars de quartier, les cafés du commerce. Bref, le coeur de cette France des gens "ordinaires" (ex d’en bas) et qui souffrent, ces pauvres bougres désabusés qui pensent comme Alain Soral et Brigitte Bardot.

Cette mode ne s’arrête pas seulement à la politique, c’est toute la France intellectuelle qui se penche sur le cas de ces "croisés du zinc" souvent alcooliques. On comprend mieux le concert de louanges pour le premier ouvrage de Pierre Mérot(2), comme à l’accoutumée c’est Phillipe Sollers qui a ouvert le bal dans le Journal du Dimanche, puis ont suivi Télérama, Marianne, le Point, Technikart etc...

Il est vrai qu’avec l’histoire de cette oncle, imbibé en permanence, poche parmi les poches, le livre de Mérot (au style proclamé Houellebecquien) participe à ce grand élan compassionnel en faveur de ces forçats du comptoir avec des phrases du genre :

"Qu’est ce qu’un bar de nuit ? Ou plus précisément qu’est ce qu’un bar de quartier ? C’est établissement que l’on fréquente parce que l’on va mal, et où l’on s’aperçoit que les autres vont encore plus mal. On s’y sent donc particulièrement bien. C’est un hôpital plein de joyeux perfusés, une basse-cour profondément humaine."

Malheureusement comme toute mode, le travail a été superficiel... Par exemple, les partisans du Oui au référendum, au lieu de faire des colloques avec des étudiantes de la Sorbonne ou des émissions avec Madame Kouchner auraient peut-être dû faire un tour du côté de "Chez Bibiche"... C'est ce qu'ont fait les nonistes.

Qu’en pensent les principaux intéressés ? Ils s’en foutent royalement, ils sont passés du statut de "beaufs" à celui de "français oubliés" sans qu’ils s’en soucient le moins du monde. Ils ont comme une intuition en eux, les restes de la "common decency" (société décente) chère à Orwell , qui les empêchent de tomber dans certains panneaux :

Par exemple, voilà un propos entendu un jour à propos des émissions pseudo-sociétales (style ça se discute ou C’est mon choix) :

"Ce genre d’émission c’est : je me suis branlé trois fois cette nuit et j’ai mal aux couilles"

Tout était dit.

Heu, un Cristal siouplait!!!

(1) Libération du 6-7 septembre 2003

(2) Pierre Mérot, Mammifères, Flammarion.

2 commentaires:

  1. Salut,
    votre site est très sympa !
    Nous aussi nous ne négligeons pasx l'importance politique du pilier de bar. Nous leur ouvrons même une chronique hebdomadaire dont voici la dernière en date :

    http://antifadas.hautetfort.com/archive/2006/05/16/le-jour-d-apres-par-michel-drac-chroniqueur-associe.html#more

    Les Antifadas

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