21 juin 2013

C’est arrivé près de chez vous. Mais patience…

Circulez, cela ne vous reegaaarde pas !
Il y a des actualités qui ne devraient jamais se croiser tellement leur cocktail fait office de trip qui te fait basculer dans un état de conscience modifiée dont t’aurais préféré ne jamais faire l’expérience.
Ça t’enflamme littéralement.
C’est Molotov time.
Cet état de conscience modifiée, c’est la conscience mise à nue, tout simplement.
En même temps, ça arrive quotidiennement et depuis un sacré bout de temps, alors on se dit pour se protéger qu’il faut être philosophe dans la vie, c’est à dire inconscient.
On se rassure en se disant « pas nous », et même en priant sûrement, et Dieu sait qui...


Cet état de conscience modifiée, ça a à voir avec l’état de lucidité.
Le truc, c’est que la lucidité, c’est quelque chose de douloureux.
Le truc, c’est que la lucidité, la vraie, celle qui fait tant mal à la conscience, elle vient d’une certaine expérience du réel, qu’elle ait été directement vécue en tant qu’acteur ou témoin, ou qu’elle provienne d’une situation relatée, ça ne fait absolument pas un pli cortical dans ta tête, c’est quasiment pareil : tu vis l’émotion comme si tu y étais. C’est humain, animal, solidaire !…
Le truc, c’est que la lucidité, elle est jamais autant lucide que quand on parle de la survie de l’individu, c’est à dire de sa mort.
Il est insoutenable qu’on n’ait pas le contrôle de sa vie, c'est à dire de sa mort.
On concède en général juste une chose à la nature : on veut bien mourir vieux, mais encore, en bonne santé !…
Oui mais voilà, en réalité, le déni de réalité n’a jamais protégé de quoi que ce soit dans la vie. 
La rubrique des faits divers, est une encyclopédie de la survie qu’il faut chérir…

On aura beau appeler la rubrique des faits divers Rubrique des faits divers, il n’en restera pas moins que c’est le genre de l’actualité qui fait probablement le plus de mal aux lecteurs. Et c'est pour ça que le fait divers passionne.
On pourra toujours expliquer le phénomène de manière psychologique, en parlant de transfert, de processus d’identification, d’autoflagellation, de masochisme, de fantasme, on comprend que le fait dont il est question, ça pourrait être une histoire dont un jour, on pourrait être le héros, c’est à dire la victime, tant la logique semble à première vue absente de ce sous-genre de l’information.
Car à première vue, on se demande tout paniqué, sachant que personne ne fournira de réponses, et encore moins LA réponse : où sont les causes ? Le rapport de causalité ? Les relations de cause à effet ? En somme : comment se protéger ? Comment se prévenir ?
Mais voilà, on tombe sur la mauvaise personne au mauvais endroit au mauvais moment et on conclut désarmé sur le mot fatalité.
« ça pourrait être nous. Ça pourrait arriver à n’importe qui. »
Sauf qu’effectivement, parler à la mauvaise personne au mauvais endroit au mauvais moment, a souvent plus à voir avec un manque de lucidité couplé à un déni de réalité, fruit d’un certain conditionnement, sans parler naturellement de l’absence totale de préparation à la confrontation dans un monde qui vous a donc élevé comme une putain de peluche.

Mais passons, car tout l’art de la prédation est justement de vous tomber dessus au mauvais endroit au mauvais moment, par surprise, de manière brutale et fulgurante, avec armes et/ou complices.

Le fait divers n’est jamais un fait divers mais un fait de violence. L’impact sur l’individu est tout naturel, stimulant certaines zones du cerveau stigmatisées par ce qu’on pourrait appeler une pensée de contrôle social ; je parle bien évidemment de cet abominable cerveau reptilien qui nous renvoie à nos abominables origines animales, celles que nient toutes les religions du monde.
Digression en une citation de Konrad Lorenz, biologiste : « Le miracle, c’est que tout se soit fait sans miracle. »
« La violence c’est pas bien, c’est mal. Ça transforme l’homme en animal. »
« Si on t’embête dans la cour de récréation, tu vas le dire à la maîtresse hein. »
Mais dans la rue ? Dans la rue déserte, ou dans un coin du métro Châtelet le soir tard, ou même à 18h en plein rush ? Tu vas le dire à qui ? A la caméra de vidéo surveillance ? Aux zombies qui te font office de congénères ?
Le fait divers, immanquablement, ne constitue jamais un fait divers en termes d’impact sur l’individu. Un fait divers n’est jamais anodin.
Par des schémas de pensée pleins de bonnes intentions, c’est à dire vicieux, la société désamorce a priori les individus dans une optique de pacification de la société ; sauf qu’on ne désamorce pas un prédateur et que cette espèce semble aujourd’hui en net regain de dynamisme si tant est qu’elle ait connu un jour la moindre défaillance. Et il fait quoi le gentil bisounours pacifié, onuzié, unioneuropéennisé, droitdelhommisé, élevé à la fraternité, à l’humanisme, aux droits naturels ? Il se fait égorger comme un bouc émissaire…
Retournement de valeurs !

On nous a appris à détester la violence, c’est à dire à la craindre. Nous la regardons cependant fascinés par écran ou rubriques de faits divers interposés ; une manière d’exorcisme, de conjuration. Mais lorsqu’elle surgit dans la rue, le réel, le vôtre, c’est le plus souvent perdu d’avance. C’est la stupeur, ou la fuite, qui vaut bien mieux que le déni, que chacun en soit intimement convaincu.
« Connais-toi toi-même », disait Chilon, un sage de Sparte la guerrière, avant que Socrate ne remasterise, à moins que ce ne soit l’oracle de Delphes.
Décharge d’adrénaline et de noradrénaline qui jaillit dans les veines. Stupeur donc, car tremblements : « ça ne peut pas se produire. Et surtout pas à moi. »
Ben si.
Tandis que ton corps te dit « cours » ou  « tu es prêt pour le combat et tu es prêt maintenant », tu penses : « Cette situation ne peut pas se produire, ne peut pas m’arriver à moi ! Moi ! » Et tu deviens spectateur de ton piètre jeu d’acteur figurant. La magnifique victime…
Le cerveau reptilien, le cerveau du « primate » ! 
Le cerveau reptilien, l’outil de défense primordial, héritage de centaines de milliers d’années d’évolution ; un système d’alarme hyper sophistiqué et ultra rapide, directement implanté dans ta tête à la naissance, et que notre société te commande de dénigrer. 
« Connais-toi toi même », est un impératif si l’on veut survivre. 
Fiez-vous toujours à vos sensations.
Fiez-vous toujours à votre intuition.
Offrez-vous surtout la chance d’être en éveil, en veille, vigilant, toujours, en code jaune sur l’échelle de Cooper…

Car la violence questionne la survie, bien plus que l’estime de soi, et surtout les grandes déclarations.
Dans la vie parfois, y'a des ruptures d'abstraction.
Gardez-vous bien alors de répondre au commandement implicite de mépriser la rubrique des faits divers. Elle vous préserve de l’inconscience, de la déduction naïve et suicidaire que si l’on n’a jamais été agressé de sa vie, c’est que les prédateurs n’existent pas, qu’ils sont un fantasme, voire pire si l’on vit en mode narcissique tendance megalo : qu’on est immunisés contre l’agression.
Si vous n'avez jamais été agressé de votre vie, c'est seulement que les conditions ne s'y prêtaient pas.
Chérissez la rubrique des faits divers…

Ranger la violence dans le divers, voilà bien une escroquerie absolument irresponsable, dont le prédateur joue d’ailleurs à plein, opportuniste qu’il est.
L’inattention, l'insouciance, invitent à l’agression.
Si l’on poussait le curseur de la lucidité à l’intensité paranoïaque, on pourrait même finir par se demander si ne voici pas une vile tactique propre à balayer les cendres du réel sous le tapis, endiguer toute analyse, tout conclusion qui pourrait ressortir à l’examen des faits divers et avariés.
La France serait orange mécanique ? Facho d’Obertone !
A moins que tout le système ne soit complice de la stupeur et des tremblements, du déni de réalité.
On pourrait conclure que voilà bien une abominable stratégie de minimisation dans un domaine qui touche à la sécurité de l’individu, but clé dans toute société ; qui touche à son intégrité physique, qui touche, et en réalité intente à sa vie.
A l’ère des droits de l’homme et donc de l’individu, what a farce tragicomique !
Le meilleur gardien de votre sécurité ne sera jamais un putain de gardien de la paix. Vous êtes votre seul et unique garde du corps.
Confrontez-vous à la rubrique des faits divers, vivez les pièges tendus, immergez-vous dans l’horreur, tirez-en les conséquences, préparez-vous à toute éventualité.

La rubrique des faits divers, c’est là que tout se joue.
Non seulement pour vous, au niveau de votre survie individuelle, pour apprendre les codes, les embuscades, les situations, mais c’est également là et là seul, qu’on peut juger de l’état mental d’une société. 
Et ne vous faites aucune illusion sur le fait que la nôtre vire à la démence, au sens psychiatrique du terme.

Le fait divers est un sous-genre de l’information. C’est même le péché mignon de la presse locale. Pratique. Ça isole les cas, les rend anecdotiques, comme accidentels « c’est la faute à pas de chance », toujours. Et ça empêche d’opérer des recoupements et d’étayer des conclusions, des constats d’échec implacables, devant la multiplication de ces faits divers à l'échelon national, devant la barbarie qui vous attend là, tapie au coin de la rue.
Si vous n'avez jamais été agressé de votre vie, c'est seulement que les conditions ne s'y prêtaient pas.
La preuve de la stratégie, de l’hypocrisie, de toute manière, est bien simple à apporter et sans appel : elle apparaît par la bande. Un viol collectif en Inde fera toutes les Unes quand il n’est pas besoin d’aller les chercher si loin.
Don’t Panic.
Ici tout va bien.

Naturellement, parfois un fait divers émerge et cannibalise absolument toute l’information : non pas un lynchage à terre d’un mec, ou l’agression d’un autre à coup de marteau une nuit place de la Nation ; mais un antifa éteint à vie sur deux directs au visage alors qu’il était cocréateur de la situation de confrontation, en un mot comme en sang : consentant.
Mort sur le théâtre des opérations du stéréotype politique, mort au champ d’honneur de vieilles habitudes de pensée puérile fantasmagoriques et fantasmatiques.
Tu parles Charles de violence politique ?
Le fait divers est manipulable, mais en vérité jamais mieux manipulé que quand il n’émerge pas sous les poursuites de la scène médiatique.
Le fait divers est un sous-genre de l’information, car il est le dernier véhicule de la subversion.
Don’t Panic.
Jusqu’ici tout va bien.
C’est à dire franchement mal…

Ce papier n’a pas vocation à faire le tour du dixième de la question.
Je me contenterai d’ajouter que les institutions auxquelles nous avons déléguées la question de notre sécurité, c’est à dire les institutions qui nous privent aujourd’hui du droit
réellement fondamental, de l’instinct ancestral, de veiller sur nous, de gérer, d’appréhender, de penser notre propre sécurité, sont en faillite totale.
Comme devenues des ennemis surnuméraires aux prédateurs.
Peines bidons, excès de vanité, orgueil d’infaillibilité, qui fait des exemples quand ça l’arrange, à savoir rarement, la corbelle tâchée d’idéologie, de parti pris ; l’aveugle à la balance juge aujourd’hui à l’aveuglette, radotant ses principes bidon qui s’opposent de plus en plus souvent et ostensiblement au simple bon sens : chaque fait divers appelle un procès où l’on juge au cas par cas, la jurisprudence en trompe l’œil, la psychiatrie toujours à décharge pour excuser partiellement ou totalement.

Et le jargonnage et les réflexes pavloviens : « les agresseurs étaient des jeunes », même à plus de 40 ans, ça c’est lu et entendu ; excuse de juvénilité ; les coups pour détruire deviennent « des coups mortels », traduisant avec leur recul une espèce d’image d’accident, d’homicide involontaire - la riposte doit être juste et proportionnée pour qualifier la légitime défense ? Mais qu’en est-il de la punition des lynchages au sol ? Et ce fameux coup de couteau pour « un mauvais regard », « Ahlala, que c’est triste ma pauvre dame, mais comment en est-on arrivé là ? » « La volonté de pousser n’était pas une volonté de faire mal », à propos d’un type qui vient de pousser dans 12 mètres de vide un être humain qui ne le menaçait pas » ; « le prévenu n’a pas eu une enfance facile Mesdames et Messieurs les jurés. » Parce que vous pensez que la nôtre a été rose ? Privilégiée ? « Je refuse de prendre l’avion avec un clandestin qu’on expulse ! » quand bien même ce dernier est expulsé pour viol ou « Mon client est parfaitement intégré à la société » dans un fait divers récent concernant un clandestin au Danemark où en l’occurrence, effectivement, le prévenu s’était parfaitement intégré aux vagins danois de fillettes de 9 et 10 ans et d’une ado de 17 ans ; le petit Mathieu, meurtrier de la petite Agnès, lui aussi était intégré à leur établissement scolaire commun, tandis qu’il était déjà sous contrôle judiciaire, c’est à dire lâché dans la nature, pour le viol d’une précédente adolescente. Ah cette abominable farce du dysfonctionnement judiciaire ! Un euphémisme pour non assistance à personne en danger ?

Les juges devraient garder à l’esprit qu’ils ne sont pas des éducateurs mais qu’ils ont le dernier mot dans la sphère de l’éducation, c’est à dire du dressage.
On ne dresse pas des prédateurs à coup de mesures préventives et d’avertissements solennels, quand il est inutile et grotesque de se montrer intransigeant envers un citoyen pacifié.

La justice trouve-t-elle juste de gratifier d’une prime l’agressivité, la prédation ?

Peut-être devrions-nous relever les noms et nous fendre non d'un mur des cons, mais d’un mur des enculés.

Don’t Panic.
Ici tout va bien.
Jusqu’ici tout va bien.
C’est à dire franchement mal…

Où va une telle justice qui ne punit pas les bourreaux et ne gratifie plus de sa compassion les victimes ?

A l’échafaud bien sûr…

10 commentaires:

  1. Je viens d'envoyer ta photo au syndicat de la magistrature.

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    1. kobus van cleef24 juin 2013 à 12:31

      mon bon kroulik, je vous ai fait une recension des musées de frisco lors de notre passage en californie
      c'est dans les commentaires de "rien à foot du foutre"

      l'avez vous lue?

      enjoy

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  2. Que ceux qui se sentent menacés acquièrent une arme à feu. Mieux vaut des ennuis judiciaires que le déshonneur et peut-être la mort.

    p.s: "consentant" et non pas "consentent"

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    1. une fourchette c'est bien aussi non ?

      Guy Engraine

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  3. Un billet bien senti. Il y a plus de philo dans les blogs que dans les livres de Cespedes.

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    1. + 1000.
      Bravo, bravo, bravo pour ce texte.

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  4. Les Corses ont inventé le concept de légitime défense préventive

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    1. kobus van cleef24 juin 2013 à 23:50

      Un jour, un gus a voulu me fourguer des''moyens d'autodéfense actifs personnalisés''
      Des vieux astra Cadix de la guerre d'Espagne, qui tenaient que par la rouille...
      Sûrement mouillés dans toutes les foirades autonomistes du coin
      Et pas donnés

      J'ai, vous vous en doutez, refusé

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  5. Une vanne qui me vient en retard : "on ne dit pas "fait divers" mais "fait issu de la diversité".

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  6. Tu voulais parler de tout ça peut-être, de toute cette merde : http://petitions.institutpourlajustice.com/referendum/video.php

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