12 mars 2010

Le baiser de la lune en 2070

LE BAISER DE LA LUNE EN 2070

Une absurdité prophétique de Paracelse


En 2030, suite aux deux terribles guerres mondiales des différents blocs continentaux, les survivants formèrent un pacte de non-agression et créèrent la Confédération Planétaire de l’Ultralibéralosocialisme Écarlate. Ils prirent pour dieu : « Trotsmith ».
Sous cette nouvelle ère, l’éducation des enfants est totalement soumise au joug du ministère du contrôle du savoir, bâti sur des connaissances confuses de l’Ancien Monde. Un cours d’éducation sexuelle tolérant est dispensé dès l'entrée en classe de CE1 et constitue l’essentiel du programme annuel.


— Bon, les enfants, on se calme.
Le silence retomba dans la salle de classe.
— Aujourd’hui, nous allons aborder un nouveau sujet un peu délicat, souhaité par le ministre de l’Éducation nationale, Madame Christiane Girard. Alors, je vous demanderai d’ouvrir grand vos orifi… euh… oreilles.
— Quelqu’un parmi vous connait-il le sens du mot « homosexualité » ?
— Moi, monsieur !
— Très bien, Nordine, nous t’écoutons.
Nordine se leva timidement et fouina quelques secondes dans sa mémoire.
— Ah, voilà ! Mon tuteur m’a dit que l’ « omoxsualité »
— Homosexualité, Nordine !
— Oui… que l’omo… sec… sualité était quand une… euh… tarlouze élargissait le trou de balle d’une pédale ! Je n’ai jamais su ce que ça voulez dire, monsieur, mais mon tuteur m’a toujours appris que je devais m’en souvenir toute ma vie et faire attention aux omo… sec… sualités. Il m’a parlé de phoques aussi, monsieur. J’ai bon, monsieur ?
Les autres enfants n’avaient pas du tout saisi le sens de ces explications obscures, alors que l’instituteur était choqué des propos infâmes du petit Nordine.
— Non, Nordine, ton tuteur raconte n’importe quoi ! Je vais devoir le convoquer d’urgence et je t’ordonne d’oublier ses saletés tout de suite !
— Bien, monsieur…
— Et arrête de m’appeler Monsieur ! Je t’ai déjà expliqué plusieurs fois de m’appeler Gérard !
— Oui, Gérard…
— Bien… Alors écoutez attentivement les enfants, car c’est d’une importance capitale pour vos équilibres psychologiques et émotionnels.
— OUI, GERARD ! répondit en chœur l’ensemble de la classe.


— L’homosexualité est un vaste, très vaste, très très vaste sujet. Dans les siècles obscurs et archaïques de notre beau pays la… euh… euh…, merde euh putain… oh, pardon les enfants, je veux dire zut, l’instituteur ne se rappelait plus le nom de son pays, nom chargé des insanités de son histoire, euh… AAAHHH… je l’ai su autrefois…
— La France, Gérard ? Proposa la petite Lindsay.
— Euh… oui, c’est ça ! Merci, Lindsay !
— Donc la Frange, dans des temps d’une barbarie sans nom…
— C’était l’époque des cisteras et antisémites blancs et arabes, Gérard ?
— Euh… c’est quoi un arabe ? dit Nordine.
— Pas tous en même temps, Nordine. C’est exactement ça, Moshe ! Et aussi des homophobes. C'est-à-dire qu’ils détestaient les homosexuels.
— Ils étaient tous méchants, Gérard ? lui demanda Sophie.
— Malheureusement oui, ma puce. Selon des statistiques révisées depuis peu, à cause de critères d’évaluations jugés insatisfaisants par le ministère de l’Histoire officielle, on estime de 72 à 93 % environ les « âmes inférieures » de ces époques. 1 à 3 % étaient des haineux et 3 à 93 % n'avaient pas l'intention de baiser avec les homosexuels.
« Baiser », Gérard ? demanda naïvement Zuzanna.
— Mais c’est quoi un arabe ? répèta Nordine.
— Oui, baiser, et j’y viens tout de suite, ma puce. Dans ces temps-là et encore aujourd’hui, les hommes et les femmes, que les enfants nommaient « père » et « mère », pratiquaient des rituels de plaisirs appelés « baise » ou « nique » et qui servaient aussi à la procréation naturelle. La procréation naturelle constituait l’ancien processus de naissances des humains. Il est rendu obsolète depuis les avancées fulgurantes de la science et de la création, il y a déjà quarante ans, du Centre International de Procréation Génétique d’où vous êtes tous nés, puis loués à l’année à vos tuteurs. Afin que vous compreniez mieux, nous allons visionner deux vidéos différentes. La première est ce que les « anciens », dans le but de se stimuler, appelaient un « film de cul » ou « film de boules » selon des sources divergentes.
— OOUUUAAAHHH, dirent les enfants à l’unisson.
L’instituteur, Mr Gérard Legôcho que je vous présente, abaissa l’écran de projection et se dirigea vers le projecteur à l’autre bout de la salle de classe. Sur le chemin, le petit Nordine lui demanda discrètement :
— Gérard, c’est quoi un arabe ?
— On n’a jamais su réellement, Nordine. On n’a pas d’informations précises issues du ministère du contrôle du savoir. Je sais juste que c’était un des types humains de l’Ancien Monde.
— Moi je sais, Gérard, dit Moshe, mon tuteur est un employé de la Confédération Planétaire de l’Ultralibéralosocialisme Écarlate et m’a déjà parlé d’eux. Ils avaient une peau mat comme toi Nordine et voyageaient sur des hippopotames à deux bosses. Ils avaient interdit toutes formes de religions sous peine de punition qu’ils appelaient « Chatwa ». Il me semble que ce sont eux qui s’étaient spécialisés dans la charcuterie de porc ou alors qu’ils ne mangeaient que du porc, un truc comme ça, je redemanderai à mon tuteur. Il m’a aussi dit qu’ils ne s’appelaient pas vraiment « Arabes » qui était un surnom, mais plutôt « bougnoules » ou « bicots ».
— Ah oui ! Ce sont eux aussi qu’on appelait jadis « bamboula », précisa Mamadou.
Nordine pouffa en entendant la sonorité grotesque de ces mots et se retourna vers le petit Wong-Chan, la tête de Sino-Turc de la classe.
— Bougnoule, bicot, bamboula !
Moshe et Nordine, les deux inséparables, s’esclaffèrent comme des folles.
Habitué, Wong-Chan reçut ses injures avec une indifférence et un flegme taoïstes.
— Il suffit, Nordine, dit l’instituteur, et concentrez-vous sur ces deux vidéos. La première, donc le « film de cul », est une forme de rituel de plaisir. Ce film a été sélectionné par la ministre en personne. Il s’intitule… euh… l’instituteur fouilla dans une des multiples poches de son baggy de marque « Che Style » et en retira un bout de papier, le défroissa, puis lut à haute voix : « l’apocalypse dans ton cul ».
— Gérard, c’est quoi un cul ? demanda Petra.
— Aujourd’hui, c’est l’idole poilue et sacrée, symbole de l’humanosocialisme universaliste, brodée en motif sur le drapeau de la confédération. C’est l’ancien mot pour le fion, Petra.
— Ils avaient un drôle de vocabulaire avant, répliqua Petra.
— Donc, on peut dire que Wong-Chan le bougnoule a un gros cul ! insista Nordine pour le plus grand plaisir de l’ensemble de la classe, qui se manifesta dans une orgie de rires. Excepté Petra, secrètement amoureuse de Wong-Chan, qui éprouva un pincement à son petit cœur d’artichaut.
— Nordine, c’est la dernière fois que je te le répète ! Tu te calmes maintenant ! Ce que tu viens de dire à Wong-Chan, ça s’appelle du racisme et c’est dégueulasse ! Je te conseille d’abandonner ces habitudes immédiatement, Nordine ! Tu sais bien que je n’ai pas le droit de te punir selon les « droits cosmogalactiques de la sainte enfance », mais lorsque tu seras majeur, les milices de sécurité publique « LA HARDE », elles, n’apprécieront pas ce type particulier d’humour. Les crimes discriminatoires sont les seules passibles de la peine de mort par empalement et sans jugement préalable. Compris, Nordine !
— Oui Gérard, bégaya Nordine en baissant les yeux, mais en pensant en son for intérieur « Abruti de bicot ! ».
Gérard Legôcho tenta de se ressaisir tant bien que mal. Ce déversement de négativité était inhabituel, lui qui avait tant suivi la formation spirituelle du parti et ses préceptes de positivité libératrice. Pour se calmer et endiguer la production de radicaux libres, il imagina avec une clarté et une vivacité brusque, le dieu Ultralibéralosocialiste « Trotsmith », puis ses émotions s’apaisèrent laissant place à un calme zenique.
— Concentrez-vous, je commence la projection.
Un lit à baldaquin… un homme musclé et tatoué… une femme aguicheuse en nuisette… un caniche nain et frisé en spectateur… une verge glorieuse… une vulve inondée… deux langues s’entremêlent… une main virile saisit un sein proéminent… un œil de caniche avide… un doigt dominateur farfouille l’antre… de doux gémissements… un regard féminin satisfait… une perforation vaginale… deux râles extatiques… un canidé émoustillé se dresse sur ses deux pattes… un déhanchement rythmé… un corps féminin se crispe et bouge dans tous les sens… t’aimes ça, chienne… défonce-moi, sac à merde… deux cris ultimes… un tintamarre du feu de dieu… une gerbe blanchâtre sur un visage… un caniche qui aboie et danse la gigue.
— Mais c’est dégueulasse, dit Nordine.
— Pourquoi le monsieur barbouille le visage de la dame avec du liquide blanc ? demanda Petra.
— On appelle ça une éjaculation faciale, ma petite Petra. C’est un rituel de clôture de la « nique », répondit l’instituteur.
— Et c’est obligatoire ? dit Petra.
— Oui, ma puce. On peut aussi appeler cet acte symbolique : « envoyer la purée », car ça peut s’avaler si on le désire, signifiant par là, que la femme accepte corps et âme l’offrande gracieuse de l’homme.
Petra se retourna vers Wong-Chan et mima discrètement avec ses deux mains une masse qui asperge son visage, puis quelque chose qu’on boit avec son pouce. Ensuite, elle lui fit le coup du regard de biche en clignant plusieurs fois des paupières.
Mais elle est folle ! C’est immonde ! pensa Wong-Chan.
— Le liquide blanc se nomme du « sperme » ou « liquide séminal » ou encore « foutre ».
— Comme « va te faire foutre », Gérard ? demanda abruptement Nordine.
— Oui exact, Nordine. Cette expression insultante vient de là. Le sperme est un liquide épais et blanchâtre produit par les glandes sexuelles mâles et renfermant les spermatozoïdes.
— Les spermes à taux bizarroïdes ? répèta Moshe.
— Non, les spermatozoïdes, Moshe. En un seul mot. Les spermatozoïdes fécondent l’ovule de la femme, c'est-à-dire se joignent à l’ovule pour permettre la naissance de bébés neuf jours plus tard, si mes souvenirs sont bons. Du moins, c’était ainsi avec l’ancienne méthode de fabrication d’être humain. Aujourd’hui, les spermatozoïdes chez l’homme et l’ovule chez la femme ont été désactivés après la fécondation dans l’utérus artificiel dans le cadre du système actuel de procréation.
— Donc avant, l’homme spermatozoïdait la femme dans la bouche, où se trouve l’ovule, pour faire des bébés. C’est ça, Gérard ? demanda Mamadou.
Gérard Legôcho se gratta la boite crânienne à la recherche de ses vagues souvenirs et parce qu’il n’avait pas l’habitude de trop raisonner, il en conclut rapidement :
— Oui, c’est ça, Mamadou !
OUAAHHHH, fit l’ensemble de la classe.
— La vidéo que vous venez de voir est une « baise » entre hétérosexuels. C'est-à-dire entre personnes de sexes opposés, c'est-à-dire entre un homme et une femme. Mais, les enfants, il existe aussi la possibilité d’une « nique » entre des personnes du même sexe, entre homme et homme ou femme et femme. C’est ce qu’on appelle : l’homosexualité, les enfants. Comme le ministère n’a pas retrouvé de vidéos des « anciens » sur le sujet, il en a confectionné une sous forme de conte, intitulé : « L’Ogre et le petit dépucelé »… regardez bien ce qui suit, les enfants.
Gérard Legôcho appuya sur la touche « Lecture » du projecteur.
Clairière boisée… un homme déguisé en lutin… un caniche nain et frisé en sympathique compagnon… un homme hideux vêtu d’un pagne et armé d’un gourdin surgit d’un buisson… Hum, un farfadet, j’ai faim… Non, pitié, ne me mangez pas, méchant Ogre… Dans ce cas-là, farfadet, plaque tes mains sur ce gros chêne à glands et voute le dos… futal et calefouette du farfadet baissé… (erreur de montage… t’es prêt, Robert ?... Ouais, vas-y cash, Marcel !) perforation anale… un œil de caniche avide… yeux de l’ogre révulsé et intense satisfaction… un canidé émoustillé se dresse sur ses deux pattes… yeux du farfadet injecté de sang et visage torturé… Ogre se retire… une purée envoyée sur le visage du farfadet… un caniche qui aboie et danse la gigue.
— Vous avez des questions, les enfants ?
— Gérard, le lutin avait l’air de souffrir, dit Moshe.
— Mais non, Moshe, ça faisait partie de l’histoire, mais en vérité, et pour avoir plusieurs fois essayé moi-même la « nique » homosexuelle, ça fait beaucoup de bien. On y prend un grand plaisir.
— L’omo… sec… sualité est obligatoire, Gérard ? demanda Mamadou.
— Oui et non, Mamadou. Il est obligatoire d’avoir essayé au moins une fois sous le contrôle d’un huissier. Ensuite, on s’adonne à la pratique de « baise » que l’on souhaite, mais l’homosexualité est vivement recommandée par la confédération. Il existe même un projet de loi rendant l’hétérosexualité illégale qui a de bonnes chances d’aboutir, puisqu’il est soutenu activement par le « Führoncle », notre guide bien-aimé de la confédération, et qu’il est le seul à pouvoir proposer et voter une loi.
La sonnerie de fin de journée retentit.
— Vous pouvez y aller, les enfants. Cependant avant que vous ne partiez, je voudrais rajouter qu’il existe un autre genre de « nique » que l’on appelle : « partouze ». C’est tout simplement de la « baise » entre plusieurs couples, toutes orientations sexuelles confondues. Il faut juste prévoir un karcher pour nettoyer le sperme, les enfants. Mercredi prochain, vous aurez une interrogation mimétique en couple. Couples que je vous laisserai le soin de former vous-même.
À ces mots, Petra se retourna vers Wong-Chan le suppliant du regard et Nordine attrapa la main de Moshe qui acquiesça (quelle belle utopie !), semblant dire : à la vie, à la mort et à la « nique » !.


FIN






5 commentaires:

  1. Que dire ? Sinon bravo. Je me suis pisser dessus de rire du début à la fin. Bon maintenant fini de rire, faut nettoyer.

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  2. l'omniprésence du caniche dans l'histoire va élever le débat vers la zoophilie
    ce serait que justice
    pas de raison que nos amis les bêtes ne participent pas à la fête

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  3. Excellent !

    Petra arrivera-t-elle à convaincre Wong-Chan de lui balancer la purée ?
    Wong-Chan y arrivera-il, équipé qu'il est d'une demi nouille imberbe ?

    Nordine finira-t-il empalé pour son obsession à l'insulte auto-raciste ?

    Moshe, perturbé par l'innocence souillée du farfadet n'a t-il déjà pas fait la pas de trop qui l'emmènera irrémédiablement dans les griffes des réseaux clandestins d'adorateurs des "âmes inférieurs" ?

    Para, écrivain ! (scandé X 12)

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  4. à moins que Wong Chan n'enfile le caniche ( étant plus équipé pour perforer les ritournelles de petit calibre )
    ou alors que gérard l'instituteur leur donne un cours du soir
    ou que........
    mais je vois que j'indispose là
    j'ai plus drôle à écrire
    figurez vous qu'hier (à ma décharge je ne travaillais pas)je me suis laissé aller à écouter francecul l'émission (et non la miction ...quoique) de marc voinchet en direct de sciencepo paris (les formateurs d'opinion ;ceux qui comme disait rebatet à propos de daladier "ont 89 au fond des tripes et pour qui "idéal démocratique" est en même temps de la phraséologie et de la religiosité")
    bon on passait la brosse à reluire à paul huchon (polochon) le ci devant préz socialisse de la région ille de france
    à la question terminale d'un journalisse ( oui il y en a de rugueux mais on ne les confronte pas à polochon) ; "demain vous êtes reconduit à la présidence d région . quel est le premier dossier que vous réglez sur votre bureau"
    le ripouilleur innocenté répondit " une mutuelle santé pour tous les étudiants"
    si ça vous fait pas penser à l'histoire de la mnef ça....
    à celà ( la mutuelle santé étudiante) plusieurs raisons:
    - un étudiant (jeune donc bien portant ) ne consomme pas des masses de soins tout a déjà été fait avant ( orthodontie et d'ailleurs c'est pas remboursé)
    - ce qui coûte (assez ) cher comme la contraception ne sera pas remboursé
    - un étudiant paiera la mutuelle dans le packaging des frais d'inscriptions/biblio/carte de ru/sports universitaire.....sans bien y regarder
    - en plus c'est les parents qui douillent du moins dans les premières années du petit chéri (je le sais j'en ai trois)
    - enfin une mutuelle c'est l'endroit révé pour placer ses amis/obligés/famille/pions......d'ailleurs toutes les affaires de ripouillerie de gôche furent centrées autour des mutuelles et de la répartition alors que celles de la droite sont centrées autour de la production ( btp cantines uimm et j'en passe et des pires )
    on peut d'ailleurs en déduire que la gôche ne s'interesse pas à la production mais en aval au racket de ce qui a été produit par d'autres

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  5. Ha ba oui, ça la production c'est carrément devenu un gros mot pour la gauche.

    "Traitez-nous de socialistes tant que vous y êtes !
    -Attends Gérard, c'est encore dans le nom du parti..."

    Sinon, heu... "suis laissé aller à écouter francecul l'émission (et non la miction"

    T'es pas médecin pour rien toi ^^

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