5 septembre 2014

Réforme des rythmes scolaires : le CGB sur le ring contre le philosophe Pierre Le Coz


philosophie
ça va philosopher ma gueule !
On a lu Guerre des rythmes scolaires : une création des journalistes, tribune du philosophe Pierre Le Coz publiée sur Rue 89. Inutile de mettre les gants pour monter sur le ring répondre au philosophe ; au CGB, on pratique quotidiennement les pompes sur les poings. Ding-ding.


1er round : la réforme des rythmes scolaires est tout sauf une anecdote.
Pierre Le Coz : « Si nous étions moins influencés par des émotions médiatiques et factices, nous nous rendrions compte que le changement de rythme scolaire n’a rien d’une révolution. Il ne fera pas date dans l’histoire de France. Il s’agit simplement d’une permutation d’un mercredi matin troqué contre un vendredi après-midi (ou quelques heures par ci par là) agrémentée de quelques activités périscolaires.
Chacun est libre d’en faire une polémique pour vendre du papier mais, en soi, il n’y a pas de polémique. Du reste, dans une semaine plus personne n’en parlera car ce n’était qu’un pseudo-événement. »

Est-il nécessaire de parer et d’esquiver les coups contre une petite frappe qui du reste manque d’allonge ? La réponse est niet.

D’une part, le problème de la réforme des rythmes scolaires ne constitue en rien une anecdote dans un contexte de crise, où l’Etat a gelé ses dotations aux collectivités locales et opère en continu un transfert de responsabilités (en l’occurrence, nous parlons éducation, mais nous pourrions également évoquer les problèmes endémiques d’insécurité que connaissent de plus en plus de communes, notamment dans les zones urbaines). Difficile d’assumer ces transferts pour des communes étranglées par les dettes, dont beaucoup sont étouffées par des emprunts toxiques – on parlerait même de risque de banqueroute pour nombre d’entre elles si nous nous laissions aller. Car la réforme des rythmes scolaires nécessite bel et bien l’embauche d’animateurs contractuels par les collectivités territoriales dans un contexte de budgets sclérosés – et inutile de vous étonner sur le pourquoi du comment on retrouve de plus en plus souvent de la drogue dans les écoles.

D’autre part, nombre d’associations sportives et culturelles prennent cette réforme de plein fouet en pleine face. Nous qui pensions le milieu associatif une chasse gardée des ménestrels de gôche !
Nous pourrions développer davantage et mettre au grill la… philosophie même de cette réforme des rythmes scolaires qui prétend lutter contre la fatigue des enfants en les faisant se lever à 7h du matin un jour de plus par semaine ; nous resterons évasifs, une nuance par rapport à l’approximationisme de sieur Le Coz – « (ou quelques heures par ci par là) ». Cependant, nous concédons à Pierre Le Coz que toute polémique est effectivement inutile dans un contexte de dictature de la représentation. « Du reste, dans une semaine plus personne n’en parlera car ce n’était qu’un pseudo-événement. » Non. Plus personne n’en parlera car tout le monde n’aura d’autre choix que de se soumettre.

Cours de philo made in CGB
2ème round : Pierre Le Coz démonte lui-même son argumentation.
Est-il nécessaire d’enchaîner crochet du gauche à la tempe et direct du droit au menton quand Pierre Le Coz se frappe lui-même à la face ? La réponse est nein.

Il est rare que nous tombions sur des philosophes qui ne nous offrent pas les armes pour faire feu à volonté contre eux. Concernant Pierre Le Coz, il nous tend le manche d’un canon scié à double détente, un truc qui défouraille façon Mississipi dans Eldorado. Ainsi, Pierre Le Coz démontre lui-même toute l’inanité de sa glose :
« Pour se recrédibiliser aux yeux de l’opinion, la politique a besoin de s’adosser à une éthique de la discussion. Et pour les y obliger, les journalistes devraient s’abstenir de donner suite à leur protestation. Dans l’affaire des rythmes scolaires, les journalistes ont trop souvent omis de rappeler que le rapport parlementaire sur les rythmes scolaires avait été approuvé par l’UMP.
Dans l’éthique de la discussion que je préconise, on aura également admis au départ que les débats de société sont par nature « sensibles » et que nul ne peut jamais démontrer qu’il a raison au sens strict d’une preuve. Une décision est limitée par définition. Les latins disaient omnis determinatio est negatio. Chaque décision que vous prenez rencontrera des obstacles (voilà pourquoi tout est toujours critiquable). »

Opérez une combinaison inversée de l’argumentation : « Nul ne peut jamais démontrer qu’il a raison au sens strict d’une preuve. » + « Dans l’affaire des rythmes scolaires, les journalistes ont trop souvent omis de rappeler que le rapport parlementaire sur les rythmes scolaires avait été approuvé par l’UMP. »
L’approbation à l’Assemblée Nationale du rapport sur les rythmes scolaires par l’UMP, n’emporte pas preuve que la représentation ait « raison au sens strict d’une preuve ». Nous n’enquêterons pas sur les qualités de l’ensemble des maires réfractaires à la réforme, mais nous arrêterons un instant sur les qualités de son égérie : Nicolas Dupont-Aignan. Qui est Nicolas Dupont-Aignan ? Quelle est sa… philosophie ?

Nous n’objecterons pas sur son besoin d’exister politiquement et sur l’utilisation de moyens propres à forcer le buzz dans le Spectacle. Le petit Nicolas provoque, provoque, et toujours avec une telle naïveté que ça en confine au mignon. Cependant, si Nicolas Dupont-Aignan est bien un maladroit, au moins a-t-il pour lui l’honneur d’avoir toujours été cohérent ; une incongruité dans notre petit microcosme politique perclus, pourri d’arrivistes et de retournateurs de vestes sans opinion véritable.
Dupont-Aignan a ainsi eu le courage de claquer la porte de son parti, d’y dénoncer les pratiques antidémocratiques, et par la suite, de fustiger la collusion des deux partis de pouvoir en France : l’UMP et le PS. Il me semble qu’aujourd’hui, le concept d’UMPS (créé sur la blogosphère démocratique, récupéré par les dissidents souverainistes tels le FN ou le parti de Dupont-Aignan Debout la République), a été largement et objectivement prouvé. Le rase-motte à 13 % d’opinions favorables de François Hollande en atteste. Cette impopularité est bien le fruit de sa politique de continuation de la déconstruction des acquis sociaux en France amorcée par la droite. L’alternance démocratique en France ? Une vaste farce.
Au CGB, nous pensons que les philosophes ont au mieux l’obligation de réfléchir au détournement de démocratie par la représentation, au pire le devoir de fermer leur gueule. A l’émotion, moteur incontestable du Spectacle qui opère d’une autre manière selon nous (alimentation des compétitions victimaires, érection des minorités en parangon du Beau, du Bon, du Juste, pipolisation de la politique comme moteur de la stratégie global de contre feu dans un contexte où tout le monde a compris qu’on se ferait enculer jusqu’à la garde jusqu’à la fin), nous rétorquerons qu’un philosophe a le devoir de reconnaître que quand l’oppression est là, la java s’en va.

Nous ne saurions ainsi trop conseiller à Pierre Le Coz de relire Machiavel et de superposer la vision du king du Prince au système bien huilé dont l’objet est de sans cesse grappiller nos espaces de liberté. Vanter ainsi la discussion feutrée, assimiler toute forme de contestation et d’éventuelle résistance à l’oppression de la représentation, et éventuellement de la majorité (mais la représentation court-circuite le plus souvent la majorité populaire, strictement assimilée à du populisme quand ça ne va pas dans le bon sens, c’est-à-dire quand la majorité fait montre de bon sens), à une émotion hystérique et paranoïaque et/ou une volonté narcissique de conquête du pouvoir, voilà bien une position froide comme un scalpel, digne d’un aspirant éminence grise d’un Caesar Borgia contemporain des familles.

« L’un des ressorts de la manipulation consiste donc, pour un homme politique, à capturer à son profit l’énergie d’un mécontentement diffus. Il s’indigne au nom de l’intérêt général mais son but inavoué est d’affaiblir son adversaire politique. » Nicolas Dupont-Aignan, maire de Yerres, commune dans laquelle il est largement plébiscité depuis près de 20 ans, député de sa circonscription depuis 1997, serait donc en conquête du pouvoir suprême ? Un adversaire que doit certainement redouter François Hollande et son futur successeur. Tout le monde n’a-t-il pas d’ailleurs frémi en 2012 devant ses 1,78%  de suffrages récoltés ? Nous ajouterons que Nicolas Dupont-Aignan aurait sûrement pu briguer des maroquins ministériels s’il n’avait fait le choix qui l’honore : lutter seul contre presque tous.

Vlà ti pas une bonne tronche de tête à claques
3ème round : Pierre Le Coz, pour un nouveau despotisme éclairé.
Est-ce bien nécessaire d’acheter l’arbitre quand on n’a pas le niveau ? La réponse est non. Pour le courtisan philosophe narcissique qu’on imagine de gôche Pierre Le Coz (n’éduque-t-il par le petit peuple sur Rue 89 ? Ne cherche-t-il pas à nous vendre le fruit pourri de sa pensée véreuse : « Dans mon livre, j'essaie de montrer que la manipulation médiatico-politique joue aussi sur d’autres ressorts affectifs. »), le bouc émissaire est tout trouvé : le journaliste. Au CGB, ce n’est pas qu’on aime particulièrement les journalistes, mais quand Pierre Le Coz parle, on a envie de sortir nos revolvers - et puis y'en a plus que un ou deux de journaliste en France, dont Pierre Péan.

« Les acteurs de la classe politique sont comme les coureurs du tour de France : si les journaux ne parlent pas d’eux, ils pédalent dans le vide. Souvent les journalistes font comme si un événement existait en soi, indépendamment de ce qu’ils en disent. Eux ne feraient que « rapporter » l’événement (ou la polémique). En réalité il n’y a pas d’événements en soi, il y a juste des faits (axiologiquement neutres).
Dans l’affaire des rythmes scolaires, le fait que des maires ne veuillent pas appliquer cette réforme est un fait qui aura l’importance que les journalistes veulent bien lui donner. L’élu d’une commune provinciale ne sera jamais érigé en héros de la résistance ou de la « désobéissance civile » si les journalistes ne parlent pas de lui ou si aucun cameraman ne vient le filmer sur son fief. »

La pensée du philosophe Pierre Le Coz, se résume donc ainsi : cacher toute forme de contestation, empêcher toute forme de débat, mettre tout feu sous l’étouffoir. On le rassure, au CGB, on ne croit pas au débat – encore moins à la discussion – détourné depuis bien trop longtemps en des mascarades de joutes, qui ne sont que préalable au bon gueuleton que vont se partager ensuite les faux adversaires aux tables des bons restaurants des VIIèmes, VIIIèmes et XVIèmes arrondissements de Paris. On le rassure également sur ce point : la meilleure manière de cacher les choses, n’est-elle pas de les rendre transparentes et de les exposer de manière pornographique aux vues de tous ? La plus belle ruse du Diable, n’a-t-elle pas été de faire croire qu’il n’existait pas ?
L’arbitre a bien essayé d’arrêter le match. On s’est empressé alors de mettre KO. So émotifs…

5 commentaires:

  1. Vous êtes sûr que c'est bien un "Z" à la fin de son patronyme et non la lettre "N" ?

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  2. Il pisse froid, mais le feu dessous la cendre etc..

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  3. C'est la nouvelle vague de la philo, celle qui nous noie dans la folie. C'est un tourbillon de conneries qui veut nous avaler, qui cherche à nous absorber dans une forme confuse du détournement de l'appréhension du monde et de l'univers, qui transforme notre matière grise en une structure inerte incapable de s'extraire de l'enfermement mental qui se créé au contact prolongé de ce type d'individu de gôche bien tendre avec eux-mêmes et autosatisfaits de cette pédagogie dont ils daignent nous abreuver.
    Les costumes de ce monsieur ne peuvent avoir été conçus pour un philosophe. C'est de la pop philo.
    Confrontons nos points de vue, le KO était pour lui la seule issue possible. Ce n'est pas le rythme scolaire qui compte, c'est la lyre le soleil. Et ils ont arrêté les leçons de flûte pour la jeunesse, reste le pipeau des pauv'types.
    Il a de la chance d'être Ko sinon je l'aurai terminé. Sans regret.

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  4. Ce mec, à voir sa tronche et son costume à rayures, on se dit que c'est le Maqueron de la philo.

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  5. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

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