19 mars 2015

Et si ça te suffit pas re-respire

Pas de panique. Il est déjà trop tard
Ne parlez plus de qualité de l'air mais de quantité d'air
Hier, Paris a été pendant quelques heures la ville la plus polluée du monde. Devant Shanghai ! Qu’on ne dise pas à Anne Hidalgo que Paris, après Pékin en 2008, ne mérite pas les JO 2024.

Naturellement, cette atmosphère irrespirable, comme lors de chaque pic de pollution déclencheur de seuil d’alerte, n’est pas apparue subitement (même si seuils de recommandation et d’information, fixés par la loi LAURE de 96, n’apparaissent jamais sur la scène médiatique bien en amont du seuil d’alerte). L’air s’est progressivement chargé, alourdi, plombé ces derniers jours. Ainsi, une fois de plus, les pouvoirs publics ont brillé par leur absence d’anticipation, puis comme d’habitude, et c’est plus grave, par leur absence de réaction. En même temps, ce n'est pas comme si un jour sans seuil, l'air de Paris était... potable...

Question empoisonnement généralisé de l'air, c'est open bar, libéralisme partout, laisser-faire-laisser-passer pour tous. La poésie nous prend par les sentiments de l'association d'idées : sédation profonde, suicide assisté de masse, euthanasie pour tous, règlement par la bande du problème du financement des retraites de demain, affaire des poisons de la Brinvilliers & Co.

accélérateurs de particules fines
Accélérateur de particules fines
L’éventail des mesures énergiques censées ventiler l’atmosphère prises par les bons pères de famille qui nous gouvernent ? Vitesse réduite de 20 km/h sur le périph et Vélib gratuit pour tous – car effectivement, quel meilleur moment qu’un seuil d’alerte maximal à la pollution pour proposer aux Parisiens un peu d’exercice physique ?


Christophe Najdovski, adjoint aux Transports de la mairie de Paris, dénonçait d’ailleurs hier l'absence de réaction des autorités : « Les pouvoirs publics au niveau de l'Etat restent muets. » Question : ça sert à quoi un adjoint aux transports à la Mairie de Paris, à part coûter du blé au contribuable et faire des pistes cyclables qui accentuent le problème de la pollution en générant toujours plus de bouchon ? Question : muets sur quoi les pouvoirs publics compétents ? Un péage aux portes de Paris comme à London ? Non. La circulation alternée. 

Quand on sait la circulation alternée de l’étoffe des mesurettes, on a envie de cracher des volutes de fulmination. Mais vous allez arrêter quand de nous prendre pour des cons bande d’enculés de fils de pute ?

Pendant ce temps les particules fines...
Christophe Najdovski (à droite), en plein taf
Naturellement, dans une société obsédée par la croissance,… Non, la racine du mal court plus profond ; l’idée de croissance économique, sacro-sainte junkie, s’injecte pétrole dans les veines et fume de la crystal schiste. Scratch. Naturellement, dans une société dominée par des fils de pute obsédés par le profit, qui véhiculent – lol – l’idée que plus l’on vend de bagnoles et plus c’est le paradis, on n'est clairement pas sorti du jardin d'Eden, qui est en vérité un putain de garage hermétiquement clos avec plein de 38 tonnes à l’intérieur qui font tourner les serviettes et vrombir les cylindres.

La circulation alternée est systématiquement demandée par les tartuffes de la Mairie de Paris à la Préfecture après deux jours de gigue de rang au-delà du seuil d’alerte. Ainsi, il est de toute manière déjà toujours trop tard. Que l’adjoint aux Transports soit un putain d’enculé d’écologiste est évidemment en l'occurrence une circonstance putain d'aggravante...

alerte pollution, ralentir
Alerte pollution : réduisez votre vitesse de... non non, rien rien.
La circulation alternée, qui consiste en tout sauf en une solution au problème, est en débat. Outre que la faire drastiquement respecter relève d’un impossible indubitable, l'homme étant définitivement un enculé pour l'homme et on ne parle pas des femmes au volant, que le taux d’équipement des ménages en bagnoles est passé en mode taux de suréquipement, la circulation alternée relève d’une philosophie qui crie encore et toujours son amour du gaz d’échappement et de la mobilité autonome à explosion. Le XXIème siècle sera covoituré ou ne sera pas ma gueule.

Cela dit, appliquée l’année dernière après l’épisode carpentérien du big Fog, elle avait eu des effets mesurables par tout un chacun à l’œil nu, c’est-à-dire à vue de nez.
Ce qui n’empêche évidemment pas d’entendre çà et là des intégristes du volant déclarer que la circulation alternée ne sert à rien parce que l’épandage, parce que le chauffage, parce que la pollution vient de la Ruhr – ces enculés de schleus n’en finiront donc jamais de nous envahir. Certes. Mais pendre ces fils de perruche par les pieds, en haut des ponts du périph, un jour où que ça serait le quatrième d’affilée qu’il fait beau à Paris...

Oui, car aujourd’hui, soleil et ciel bleu sont clairement devenus dans la capitale l’expression même d’une menace. Un danger tout ce qu’il y a de plus dangereux. On n’arrêtera jamais le Progrès. Ne rêvons même pas d’une convocation en tant que témoin assisté…

rester un jogger dans la pollution
Deux bonnes gueules d'atmosphère...
Et les Parisiens furent si égaux à eux-mêmes hier. D’aucuns joggant dans une brume joliment bleutée aux fragrances délicates de purin de mazout, d’autres fumant, rigolards aux terrasses des cafés des grands bouls, tandis que des parents gambadaient hilares au côté de leurs bambins respirant par la bouche, superbe mimique diseuse de bonnaventure de ces petits Parisiens qui, une fois devenus adultes et asthmatiques, ne manqueront pas d'effectivement crever la gueule ouverte dans l'indifférence la plus totalitaire. Pour les rats des villes, c’est R.A.S. ma gueule.

Pourtant, cinq minutes de marche hier, et vous chopiez un nez bouché comme le périph à 17h, avec le sentiment d'insécurité que votre gorge se faisait agresser, comme un passager de RER C ou D, par une horde de particules tout ce qu’il y a de plus notoirement connues des services de police.

Aujourd’hui d’ailleurs, c’est la même, malgré le mauvais temps arrivé comme Zorro, sans se presser...

Et ces Über-chialeurs de taxis, qui comme tous les jours enfumaient la Gare de Lyon par leur queue leu leu tous moteurs allumés, si lente qu'on la croirait statique ; procession de Mercos sans stop & go. Un spectacle délectable, dont la tétraplégie circulatoire vide quotidiennement les bus reliant les gares Montparnasse et de Lyon. Putain de prière de rue de moutons dignes d’être saignés à l’Aïd sur l’autel du Veau d’or. Un régal pour vermines.

Airpériph
Airpériph
La consolation est bien maigre de penser que nos politiques, qui vivent et travaillent à Paris, ne sont pas épargnés, et crèveront comme tout le monde d’un bon cancer du fumeur des familles. L'égalité par la catastrophe généralisée camarade enculé ! On aimerait pourtant que la faucheuse s’activât un peu concernant ce ramassis de fils de pute. C’est une question de... mérite.

Malgré les brumes cancérigènes, la situation est extrêmement claire au niveau juridique : les pouvoirs publics sont coupables de non assistance à personne en danger, si ce n'est de complicité d'assassinat de masse. 

Mais à vrai dire, où trouver la moindre once d'innocence ? 

L’homme est le cancer du vivant.

1 commentaire:

  1. oui bon le problème c'est que la nature s'y connait aussi question maladies et génocide Nos arrières grands pères, qui perdaient massivement leurs enfants en bas-age, leurs épouses-filles-mères-soeurs en couche et qui risquaient d'y passer pour une simple grippe, fièvre ou intoxication alimentaire (oui le bio peut tuer nos ancètres ont expérimenté la chose), en savaient quelque chose De nos jours les maladies chroniques se multiplient certes mais autrefois on crevait souvent en quelques jours et la mortalité était plutot elevée et ce quelque soit l'age (avant l'époque moderne il n'était pas si rare de "mourir si jeune", les maladies, les guerres et les accidents de travail faisaient des ravages parmi la jeunesse) On agonise peut etre, mais très lentement, ce qui est assez ironique puisque tout va de plus en plus vite autour de nous

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