8 mai 2010

Analyse du sondage d'avril 2010


1er mai 2010. Locaux du Cultural Gangbang. Quartier de la Défense. Paris. France. Europe occidentale. 8ème étage à gauche.

LE(S)TAT : Dis, Gaby, il a payé ce qu’il nous doit, le Clarence ?
GABRIEL FOUQUET : Y nous doit encore du fric ?
LE(S)TAT : Ben, si tu considères que six mois de cotisations en retard, trois ardoises au Redlight, au Queen et aux Bains, une avance pour deux allers-retours Paris Tokyo et le petit dédommagement de courtoisie rapport à son lâchage représentent du fric, je réponds oui, il nous doit du fric !
GABRIEL FOUQUET : Ouais, mais avec ce que nous paye Egalité & Réconciliation pour qu’on dise pas de mal de la jeunesse de France, ça doit compenser, non ?
LE(S)TAT : Ha, mais je dis pas que c’est rien, mais bon, E&R n’en a plus pour longtemps, et depuis que le parti socialiste file tout son blé à Causeur, les fonds secrets sur la réacosphère, c’est la Bérézina…
GABRIEL FOUQUET : OK, on va lui envoyer l’agent K.
LE(S)TAT : L’est pas là !
GABRIEL FOUQUET : Comment ça, pas là ?
LE(S)TAT : Il est en mission. Le gouvernement lui a fourni un poste pour enseigner la langue française aux petits sauvages.
GABRIEL FOUQUET: Il est parti où ? En Amazonie ? A Bornéo ?
Les(t)at : Mais nan, il est dans le 18 ème ! Il a plus cinq minutes à lui, il est débordé.
GABRIEL FOUQUET : Un prof débordé ? Ils disent tous ça…
LE(S)TAT : Oh, lui, j’y crois plutôt. Il passe son temps entre les urgences et le commissariat. Rapport aux torgnoles qui lui servent d’appui pédagogique.
GABRIEL FOUQUET : Attends, me dis pas qu’il file des beignes aux mômes pour leur apprendre le respect de l’autorité. Il est pas réac à ce point, quand même ?
LE(S)TAT : Nan, c’est pas les élèves qu’il tabasse, c’est les parents. Pas une semaine sans qu’il en rééduque un ou deux…
GABRIEL FOUQUET : Ha, ha ! mais que fait le rectorat, bon dieu ?
LE(S)TAT : Il est bien emmerdé, le rectorat : le collège de l’agent K arrive non seulement en tête des résultats scolaires, mais les tags ont disparus, les élèves ont découvert le langage châtié, la Marseillaise résonne spontanément dans les couloirs et plusieurs adolescentes, devenues la risée de leurs camarades, se sont fait retirer leurs piercings !
GABRIEL FOUQUET : Les autres profs qui doivent faire une drôle de tête…
LE(S)TAT : Absolument, mon commandant ! Ils sombrent dans les arrêts maladie : ils ne savent plus où se mettre, maintenant que le silence est revenu en cours. Les élèves les laissent parler, alors forcément, ils sont pris au piège, puisqu’ils n’ont rien à leur apprendre. Y z’avaient pas prévu le coup !
GABRIEL FOUQUET : L’agent K doit pas être bien vu, non ?
LE(S)TAT : Non, mais il s’en tape. Il a été contacté par Gallimard pour écrire un résumé de sa méthode.
GABRIEL FOUQUET : Sa méthode ?
LE(S)TAT : Tu sais comme il est taquin ? Il l’a appelée « la méthode globale ». Sous-titrée « Avec une grande tarte dans la gueule chaque matin pendant huit jours, je résous tous vos problèmes globalement ».
GABRIEL FOUQUET : C’est pas un peu simpliste ?
LE(S)TAT : Pas plus qu’Hiroshima. Et ça a marché, Hiroshima…




Un raffut interrompt le dialogue, et Paracelse fait son entrée. Comme chaque fois, c’est un choc : il est sapé comme un comptable.

PARACELSE : Putain, les gars, vous devinerez jamais ce que je viens de choper !
LE(S)TAT : La chaude-pisse ?
PARACELSE : Meunon ! Allez, je vous donne des indices : c’est pas bien grand, ça parle fort, ça a tout lu Marx et ça bosse au Figaro
LE(S)TAT & GABRIEL FOUQUET : Zemmour ?!
PARACELSE : Tout juste, fontaine ! Zemmour ! Il rôdait dans les couloirs du 4ème, en posant des questions sur le CGB. Je l’ai cravaté mais j’ai rien pu obtenir de lui pour l’instant.
GABRIEL FOUQUET : Mais il est où ?
PARACELSE : Là !
Il sort dans le couloir, en revient aussitôt en poussant un petit être ficelé et bâillonné, qui trébuche et roule sur le luxueux tapis d’orient (Joshagan) comme la tête d’un cocu dans le panier d’une guillotine. Sous l’entrelacs de ruban adhésif orange, on reconnaît à peine le visage d’Eric Zemmour.
GABRIEL FOUQUET : Mais t’es cinglé ! Qu’est-ce que tu as fait ! (il se précipite) Monsieur Zemmour comment allez-vous ? Je vais vous sortir de là… c’est une méprise… (Zemmour dodeline de la façon qui l’a rendu célèbre) Attendez… là ! Voilà, ce bâillon ne vous gênera plus po…
ERIC ZEMMOUR : A l’aide ! Au s’cours ! A l’holocauste !
GABRIEL FOUQUET : Monsieur Zemmour, je vous en prie ! N’exagérez pas !
PARACELSE (s’esbignant) : j’avais un sauté d’agneau sur le feu, moi…
ERIC ZEMMOUR : Coupez ces liens ! Coupez-les toud’suite ! Ha, on va m’entendre, on va entendre parler de ça en haut lieu ! Je vous préviens, j’appelle Laurent Ruquier dès que j’ai une main de libre !
GABRIEL FOUQUET : Allons, monsieur Zemmour, c’est une méprise, rien de plus. Personne ne vous veut de mal, au CGB…
ERIC ZEMMOUR : CGB ? Comme Cultural Gang Bang ? Je suis au Cultural Gang Bang ?
GABRIEL FOUQUET : Voui m’sieur, voui.
ERIC ZEMMOUR (pleurant) : mais fallait le dire toud’suite ! Ha, mais si c’est le Cultural Gang bang, c’est pas pareil, je peux bien me faire ficeler ou bâillonner ! On va pas se braquer pour des broutilles !
LE(S)TAT : J’allais le dire !
ERIC ZEMMOUR : Le CGB… c’est justement vous que je cherchais. J’errais dans les étages de cet imposant building et je commençais à croire que vous n’existiez pas ! Que le CGB n’était qu’une légende !
GABRIEL FOUQUET : Oh, une légende, n’allons pas jusque là ! Un mythe oui, mais une légende, pas encore.

Le téléphone sonne.
LE(S)TAT décroche : C’est Beboper, chef !
GABRIEL FOUQUET : Je suis pas là !
LE(S)TAT : Trop tard, il dit qu’il m’a entendu dire « chef »…
Gabriel Fouquet prend le combiné : Cher ami, comment vas-tu ?... Oui, ha, le sondage est analysé ? Bien ! Et quelles sont les grandes tendances ? Att… attends je branche le parlophone…
Soudain, la voix de Beboper prend place dans l’espace luxueux occupé jusqu’ici par les trois personnages secondaires. Les oreilles s’ouvrent. Les poitrines se serrent. Les roubignoles flipeflapent. Si Clarence Boddicker était encore là, il se foutrait à genoux.
BEBOPER : Messieurs, j’ai en ma possession les résultats de notre dernier sondage (vox populi) et, plus important encore, mon analyse de ce sondage. Appelés à se prononcer sur la phrase de Zemmour sur les trafiquants, qui seraient « Noirs ou Arabes pour la plupart », nos lecteurs ont vu juste : c’est outrageusement discriminatoire envers les trafiquants asiatiques. Ce n’est pas parce qu’ils sont discrets, polis, travailleurs, honnêtes, que les Asiatiques ne peuvent pas trafiquer comme tout le monde !
ARCHISCHMOCK (apparaissant) : ça, c’est ben vrrrai !
ERIC ZEMMOUR : Qui est cet homme ?
Gabriel Fouquet : Notre dernière recrue : Archischmock. On l’a pris parce qu’il connaît un tas de gonzesses.
ARCHISCHMOCK : ça, c’est ben vrrrai !
BEBOPER : Nos lecteurs pensent également que même si la phrase de Zemmour est vérifiable, elle est de toute façon encombrante. Quand on aura dit que la plupart des trafiquants sont Noirs ou Arabes, on n’aura pas progressé dans la connaissance de la grande civilisation arabo-andalouse qui…
GABRIEL FOUQUET : y disent ça, nos lecteurs !!??
BEBOPER : Mais nan, j’décooooonne ! En fait, Zemmour n’a pas affirmé que la plupart des Noirs et des Arabes étaient des trafiquants, il a dit l’inverse, alors je ne vois pas bien pourquoi on en discute : suffit de compter les effectifs en présence. Le problème, en revanche, c’est qu’on ne peut compter que les trafiquants qui se sont fait épingler, c'est-à-dire les plus mauvais…
GABRIEL FOUQUET : De là à dire que la plupart des plus mauvais trafiquants sont Noirs ou Arabes, il n’y a qu’un pas…
SKYMANN (apparaissant) : Hou, là, gros potentiel stigmatisant, ça !
ERIC ZEMMOUR (à Gaby) : c’est… c’est Skymann ?
GABRIEL FOUQUET : Voui m’sieur.
ERIC ZEMMOUR : je connais toutes ses vidéos par coeur! Je suis un de ses plus gros fans !
ARCHISCHMOCK : T’es pas bien gros, pourtant…
ERIC ZEMMOUR : Chez moi, monsieur, tout est intérieur, même l’obésité !
BEBOPER : Dites ? Je peux finir ? ça vous intéresse pas de savoir ce que pensent nos lecteurs d’une question grave ?
TOUS : On s’en branle !
BEBOPER : Mais que serions-nous sans eux ?
L’AMIRAL POTIRON (apparaissant) : Peinards ! On serait peinards ! Moi, je rêve d’un blog où on serait vraiment peinards, sans commentaires, sans collègues, sans lecteurs, sans articles à pondre…
ERIC ZEMMOUR : vous avez des ambitions de conseiller général, monsieur.
La gifle partit si vite qu’on entendit juste le bruit des fesses de Zemmour cognant le sol. L’Amiral était déjà retourné à sa hautaine solitude océane.

ERIC ZEMMOUR : Mais il est dingue, ce mec !
SKYMANN : C’est un Nantais. Il a renoncé à la polygamie, au tabligh, mais pas encore à la violence primaire.
BEBOPER : Qu’est-ce qui se passe, chez vous, j’entends des bruits de bagarre. L’agent K est de retour ?
SKYMANN : Non, c’est juste Eric Zemmour qui se confronte au réel.
ERIC ZEMMOUR : Eh bien, justement, parlons-en du réel ! Depuis que j’ai dit cette fameuse phrase, incontestable selon les statistiques, je le rappelle, j’ai des ennuis avec certains individus. Notamment Cortex et Morsay qui veulent me taper ! C’est grave, je n’ai pas peur de le dire : Morsay et Cortex méprisent les statistiques !
A ces mots, l’équipe part d’un grand Haha ! Tout le monde s’embrasse de joie, on se tombe dans les bras les uns les autres, on se serre la main, on se tape sur les cuisses (chacun les siennes, toutefois).



LE(S)TAT : M’sieur Zemmour, faut qu’on vous montre quelque chose. Archischmock, vas-y, fais-nous voir tes souvenirs d’apache !
Archischmock sort alors de son sac à dos deux slips bon marché. Il les fourre sous le nez de Zemmour.
LE(S)TAT : Vous savez c’que c’est ?
ERIC ZEMMOUR : heu, ben… des slips ?
LE(S)TAT : Les slibards de Cortex et Morsay, m’sieur Zemmour ! Comme on est devenu modernes et que ça le ferait pas du tout de piquer des scalps aux vaincus, rapport aux droidlomme (grosse marrade dans la pièce), on a pris l’habitude d’étouffer les sous-vêtements des guignols qu’on rosse. C’est du trophée quand même.
ARCHISCHMOCK : Hou, j’vais t’dire, mon p’tit Zemmour, si t’en croises un dans la rue, tu lui dis que t’es notre pote, il comprendra…
ERIC ZEMMOUR : Bon, d’accord, mais Guy Bedos, il a dit que désormais, si il me voyait, y m’taperaaaaait ! (il sanglote, ce con)
Skymann sort alors de sa réserve (c’est un endroit sec, où on le range) et exhibe un Iphone tuné aux armes du CGB.
SKYMANN : Et ça, c’est d’la merde ? Matte ça, Zem !
Sur l’écran, une vidéo montre Dominique Strauss-Kahn en compagnie de quelques jeunes femmes asiatiques. A la différence de Cortex, il a su conserver son slip : on ne voit même que ça. La scène se passe dans un luxueux appartement parisien dont les murs sont couverts de poster de Guy Bedos.
ERIC ZEMMOUR : Mais, c’est chez Bedos !!
SKYMANN : Exact, Socrate ! T’inquiète pas de lui, si il te chafouine, t’as qu’à lui parler de Ludmilla, de Tiffany et des sœurs N’guyen…
ERIC ZEMMOUR : C’est incroyable… vous avez de quoi calmer beaucoup de monde comme ça, encore ?
GABRIEL FOUQUET : Vous avez des soucis avec qui ? Obama ? Poutine ? No problemo !
ERIC ZEMMOUR : J’ai la chance de ne pas m’être mis le Kremlin à dos, mais, voyons voir… qui a été méchant avec moi cette semaine… Stéphane Guillon ! Tiens, vous avez un dossier sur lui ?
GABRIEL FOUQUET : Ha, ça, Stéphane Guillon, non, on est désolés, c’est pas possible. On ne peut rien contre Guillon, et d’ailleurs il n’y a personne en France qui puisse vous sauver d’un fight contre lui.
SKYMANN : Un conseil, évitez-le autant que possible. C’est un rebelle d’un genre nouveau : le rebelle au pouvoir… C’est pas compliqué, il résiste à tout, même à Philippe Val !
GABRIEL FOUQUET : D’ailleurs, cette conversation n’a jamais eu lieu.
ERIC ZEMMOUR : Vous plaisan…
GABRIEL FOUQUET : Fin de l’entretien ! Messieurs, veuillez reconduire cet importun !
Le(s)tat et Archischmock s’emparent de Zemmour, qu’ils décollent du sol et foutent dehors tandis que Skymann filme la scène d’une main et pique le slip zemmourien de l’autre.
ERIC ZEMMOUR : C’est un scandale ! Tas de lâches, s’attaquer à une victime ! Un slip presque neuf de chez Tati ! Vous savez pas à qui vous vous attaquez, Laurent Ruquier ne sera pas conteeeeeeent ! (il débaroule dans l’escalier tandis que la porte se referme)
GABRIEL FOUQUET : Putain, quelle pleureuse. On le reverra plus. Champagne !

3 commentaires:

  1. Tout est rigoureusement exact, sauf l'affectation... 93 les p'tits potes... 93.

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  2. J'adore, encoreee, encoreeeee!!!

    Si ma dernière phrase ressemble a un cris de plaisir c'est normal je prend beaucoup de plaisir à lire ce genre de dialogue.

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  3. AHAH, je viens de cliquer sur le lien 'Shalala Poï Poï' de la colonne de droite!
    ahah, jaurai pourtant du m'en douter

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