12 janvier 2019

Benjamin Griveaux - Portrait insignifiant


VIGILANT !

Griveaux : l'avant-garde metrosexuelle du Bien (Cravate Dior for men, chaussures Berlutti sur mesure, chemise en soie Gucci, costume Bleu nuit Jonas et Cie - "comme le Président, les gars"!) - France, début du XXIe siècle, Exposition du Louvre : "Les panoplies macronistes" (c)





Benjamin Griveaux - une petite tête mal faite de Bibi Fricotin, un sourire toujours satisfait aux lèvres -, a de la chance : il n'a jamais travaillé. Un vrai travail, entendons-nous, hein ! Tourneur-fraiseur, boulanger, électricien OQ2, assistante maternelle. Non. Rien de tout ça. Dans son monde, ce genre de métier concret n'existe pas. A force de chance, de pistons et de petites conspirations, Benjamin a en effet été jusqu'au bout de son ambition... pour lui-même.

L'enfance d'un chef

Avec des parents CSP+++ (notaire et avocate), le petit a fait une scolarité protégée : Science po - l'école où l'on apprend le consensus mollasson - et HEC, l'école où on apprend à faire du pognon. Et ça le résume, le bout de chou : il est le pur produit de ses diplômes, de la méritocratie truquée. Il en devient même l'incarnation du macronisme : sens de la synthèse et pognon. Comme il avait raté l'ENA, les hautes sphères lui étaient inaccessibles via l'oligarchie des bureaucrates d'élite, il a donc fait de ses diplômes une tactique : Services de l'Etat et business = social-démocratie.

A 26 ans, il intègre le think-tank créé par Strauss-Kahn. Ce fut dur, cruel, il nous le dit :  «On était dans les locaux de Michel Rocard qui passait tous les soirs et nous racontait l'histoire du syndicalisme, entre un whisky et une cigarette», se souvient-il. Le gars a souffert, c'est sûr.

Ce choix risqué pour l'extrême-centre globaliste lui vaut d'être élu bien vite en Saône-et-Loire. C'est son premier CDD : conseiller municipal, puis départemental. Grâce à son mérite personnel, soyons-en sûr, il devient l'immense vice-président du conseil général, une belle sinécure. Puis en 2012, l'envol. Paris ! La confirmation du destin ! Il bondit dans le cabinet de l'inoubliable Marisol Touraine, elle-même fille à papa (Alain Touraine). C'est beau l’ascenseur social.

Griveaux et la fidélité pragmatique (Noter la barbe transgressive qui nous dit : "l'homme travaille dur (pas le temps pour Gillette !) et "il est modeste !" : il ne pense pas à devenir Président en se rasant chaque matin. Noter aussi la cravate noire, signe de rigueur krypto-protestante. Depuis Sarkozy, cet accessoire permet - un peu seulement - de masquer les guignolades).

 Et Griveaux devint... GRIVAX  !

Un social-démocrate métrosexuel n'hésite pas à faire des sacrifices s'il le faut. C'est une question de principe. Un macronien ne transige pas - jamais ! - avec la nécessité de prendre des risques certes calculés et d'aller dans le secteur privé pour voire la réalité en face. Il quitte tout, oui tout !, sur un coup de tête rémunérateur pour rejoindre Unibal-Rodamco, comme responsable de communication. Voilà un dur à cuir, un aventurier d'exception qui rejoint le top de l'immobilier commercial dans le monde - les tours commerciales de merde, les grands centres commerciaux disgracieux et putassiers, c'est Unibal. Toute une poésie : présent dans 13 pays, possédant 102 sites, doté d'un portefeuille d'actifs d'une valeur de 43,1 milliards d’euros en 2017. Mine de rien, on peut compter sur Griveaux pour défendre le petit commerce.

Le macronisme ? Parler comme un socialiste et vivre en capitaliste

Une chose est sûre, la mutation est accomplie : Griveaux devient alors... GRIVAX !, le fantomas de la prise de parole, le définisseur du Bien, le pourfendeur du Mal... Un homme pragmatique, favorable aux affaires, mais in-tran-si-geant sur le multiculturalisme (c), la différence (c) et les valeurs de la Ré-pu-bli-que (c).

Porte-parole d'Unibal-Rodamco et porte-parole de Macron exigent apparemment les mêmes qualités, la même apparence et les mêmes ficelles.  Le gouvernement auquel il appartient peut bien être un poil ambigu sur l'accueil des migrants, Benjamin l'ouvre dès qu'il le peut  pour dénoncer le moindre atome émergent de populisme. Cela frôle même, comme chez tous ses camarades, l'hallucination, le no-pasaran névrotique : ainsi, comme lorsque il dénonce le péril fasciste qui aurait défoncé la porte de ses bureaux ministériels. Sur ce coup-là, il a joué malin le p'tit bonhomme - une caricature marketée à la perfection : apparemment serein - et d'ailleurs quel danger courrait-il, protégé par ses gardes du corps? -, se voulant au-delà de l'immédiat, déjà dans l'Histoire, mal filmé par des caméras complaisantes afin de souligner l'apparente improvisation de sa déclaration - profondément droit dans ses bottes républicaines, boussolé en permanence vers le Nord de la République, il nous l'a dit avec sa petite tête d'enfant gâté  :

- Ce n'est pas moi qui suis attaqué, c'est la République. C'est le fait d'une minorité qui appelle à l'insurrection, à renverser le gouvernement. Les Français souhaitent d'abord l'ordre républicain. 

Ah, l'ordre républicain... Cet ordre qui le nourrit, GRIVAX, depuis des années, qui tolère des déserts médicaux, un chômage de masse structurel, le terrorisme, une hyper-délinquance. Personnellement, désormais, quand j'entends "ordre républicain", j'entends "protection du confort des énarques".  Comme certains, on pourra aussi rétorquer à GRIVAX que ses fonctions chez Unibal-Rodamco étaient en elles-mêmes une attaque contre la démocratie, puisqu'elles s'apparentaient à du lobbying.


Grivax prône la plus grande fermeté contre les petits Blancs de la périphérie, mais pas contre les prébendes ou les petits accommodements. C'est cela le macronisme dont il est le premier défenseur : pragmatisme sur l'économie, du pognon indulgent pour l'élite, défense vigilante des minorités visibles et invisibles, que dalle pour les autres. Je vous le dis, on a du mérite malgré des types comme Griveaux, à rester républicain. Cela nous coûte même une blinde comme dirait vous savez qui... Permettez-moi une formule : Griveaux est macronien comme d'autres furent cro-magnons : à coup de massue et sans nuance. Il nous la joue "résistance anti-fasciste" en étant planqué derrière les blindages du pouvoir... Ouaaaah....

Son avenir ? Il est net et banal. Si aux prochaines élections présidentielles, les macroniens l'emportent en ayant convaincu que c'est eux ou le chaos populiste, on le reverra, du moins tant qu'il amuse Macron. Sinon, il retournera faire du fric dans le privé. Adios les ors de la République, vive les ors des conseils d'administration ! Les sans-dents, eux, resteront les sans-dents.

2 commentaires:

  1. Griveaux, un babtou bien démocrate au service du veau d'or.
    Il n'a ainsi jamais tafé, rémunéré par des taxes, un parasite notoire produit d'un notaire.

    Si le Roi reprenait le trône de GAULE, je ferait-il d'un pareil individu? Il ferait un joli symbole en condamné aux travaux des champs à la main à l'ancienne.

    RépondreSupprimer
  2. Alphonso Pistachi Derviche des Ronds Points15 janvier 2019 à 19:56

    Un portrait tout en retenue d'un petit sarcopte, on attend celui des ténias en chef, les ceusses de 7 mètres de long... Ils ont beau se déguiser en libéraux adeptes d'une symbiose (cravate, barbe mal taillée du mec trop pressé pour se raser, vocabulaire étique d'école de co...), leur désir de parasitisme (le slogan c'est cadeau pour 2022 mes ptits LREM!) se voit comme le nez au milieu de leurs faces de bilharziose urinaire... 2019, année parasitologique?

    RépondreSupprimer