17 juin 2016

Les filles d'à côté (de la plaque)


Ah les filles, je vous jure ! Vous savez comme elles sont : toujours prêtes à se crêper le chignon surtout quand on en vient à parler chiffons ! Tenez, l’autre jour : Maude, 18 ans, en hypokhâgne à Toulon, s’est prise la tête avec des filles dans le bus, pour une sombre histoire de mini-short ! C'est le magazine Madmoizelle qui nous raconte l'échauffourée. Un fait divers à travers lequel Maude, en racontant son histoire dans un post Facebook qui depuis fait le buzz, épingle un travers préoccupant qui a cours dans nos sociétés, patriarcales quoi qu'on en dise, où la mentalité machiste est si ancrée qu'elle imprègne l'esprit même de certaines filles, qui reproduisent alors envers leur sexe les mêmes comportements.

Ainsi, l'histoire démarre comme ça : Maude, vêtue d'un short estival somme toute banal, prend le bus et vient à remarquer que sa tenue ne laisse pas indifférentes les filles qui sont dans l'autocar avec elle. « Je me suis retrouvée encerclée par plusieurs filles. Il ne se passe rien pendant une dizaine de minutes, mais l’une d’entre elles me regarde vraiment très mal, et finit par me dire "mais pourquoi tu portes des shorts aussi courts ? C’est quoi ton problème ? ».


A ce stade, l'image des filles en question se forge dans notre esprit : on imagine sans peine leur mine agressive, la méchanceté dans le regard, leurs petites anglaises blondes tombant sur leurs épaules à la façon de Nelly Oleson dans La Petite Maison dans la prairie.


Chipies comme pas deux, les filles ne s'arrêtent pas là : elles insultent Maude, lui crachent dessus, la menacent et lui signalent qu’elle ferait mieux de se respecter. La piste Nelly Oleson se précise. Les filles sont si cruelles ! Dingue ce que la jalousie peut leur faire faire pour un malheureux short et des sandales H&M... On voit nettement ici l'influence néfaste de la mode et le conditionnement dans lequel celle-ci entretient les filles, les dressant les unes contre les autres au lieu de se serrer les coudes.

Maude finit par descendre du bus, les petites filles la suivent. Maude se réfugie dans une boutique et demande à un homme de bien vouloir rester avec elle le temps qu'elles s'éloignent. Ce qu'elles ne feront qu'après un quart d'heure. On ne saura donc jamais ce que voulaient ces filles ! Toujours est-il qu’elles ont « réussi à rendre Maude très en colère » : furax, elle rentre chez elle, s'assied derrière son ordinateur et poste sa mésaventure sur Facebook, agrémentée d'une photo d'elle et de son short, prise dans le miroir, sur laquelle elle inscrit le slogan « Bonjour, je suis une salope ».


Enchantés, nous c'est le CGB.

Tout est bien qui finit bien donc, puisque le post de Maude a depuis été partagé plus de 10 000 fois ! Les filles du bus doivent s'en mordre les doigts ! En relatant les faits, Maude écrit : « Elles n'ont visiblement pas apprécié tous les arguments que j'ai sorti en faveur de l'égalité homme-femme et de la liberté de disposer de son propre corps puisqu'elles m'ont suivie pour me frapper lorsque je suis sortie du bus et ne sont parties qu'après qu'un homme que j'ai interpellé ait attendu avec moi qu'elles s'en aillent. Nous sommes en 2016 et je tremble de rage : à la question "pourquoi vous me traitez de pute parce que je porte un short alors qu'un homme peut se balader torse nu en plein centre ville sans que personne n'y trouve rien à redire ?", elles m'ont répondu dans la seconde, les yeux écarquillés, comme si c'était l'évidence absolue: "ben parce que t'es une femme, faut se respecter sale conne" ».

Comment des filles qui font pourtant partie de sa génération, qui ont vécu les mêmes luttes, qui devraient être solidaires entre filles, ont pu se révéler insensibles à ses propos, voire en rire ? Nous sommes en 2016 ! Et l'année prochaine en 2017. Selon les scénarios sociaux même les plus pessimistes, nous devrions atteindre 2018 d'ici 2 ans, si les vents contraires du conservatisme ne soufflent pas trop fort - ce qui serait une année-record jamais atteinte par aucune autre civilisation à ce jour ! Alors comment se fait-ce ?

Si Maude, par son post et le buzz qu'il génère, porte haut les couleurs d'un certain féminisme, elle n'en reste pas moins incrédule vis-à-vis de son expérience. « J'avais l'habitude des pelos relous qui te klaxonnent et te sifflent comme un chien parce que tu as le malheur de disposer d'un vagin, qui viennent te harceler parce qu'ils ne comprennent pas ton "non", je connaissais les propos misogynes et salaces quand tu n'as apparemment pas assez de tissu sur toi pour protéger ta vertu, mais que ça aille aussi loin AVEC DES FEMMES pour un pauvre short, c'est une triste première. Nous sommes en 2016 et malgré ce qu'en disent certains, le combat féministe est bien loin du compte ».

Know your ennemy

Fin du sketch. Tous les propos entre guillemets sont rigoureusement authentiques et ont été repris tels quels par Madmoizelle, qui en tant que média, n'apporte aucune analyse socio-culturelle supplémentaire (hé Madmoizelle, t'as pas une clope !) ni ne juge bon de détromper la petite Maude. Sublime travail d'esquive, d'aveuglement volontaire, qui dure tout le long de l'article... Même aux premières loges, Maude n'y voit que du feu. Les œillères fonctionnent à merveille. Une vraie partie de colin-maillard ! Elle n'est pas seulement dépossédée des moyens de se défendre, mais simplement de ceux de comprendre la situation. On n'est pas sérieux quand on a 18 ans, cela peut se comprendre. Ce qui est plus surprenant, c'est de ne pas l'être non plus quand on a la trente ou quarantaine et que l'on tient un "magazine de société", ou que l'on relaie avec sérieux, et sans y ajouter un iota, la cécité de cette innocente enfant sur les réseaux sociaux.

Nous sommes en 2016. Source (du problème)

14 commentaires:

  1. C'est marrant, à aucun moment je n'ai eu à l'esprit l'image de Nellie (pas Nancy) Olleson, en ce qui concerne les agresseuses.
    Même pas au début, lorsque le cercle se ferme autour de Maude.
    Faut que je consulte.

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    1. Faut être honnête : moi non plus ni personne d'autre je pense.

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    2. Sait-on jamais ^^
      Je ne pense pas aux lecteurs du CGB, bien sûr.

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  2. Je passe mon temps a dire cela aux mecs de gauche - l'etre humain n'est pas seulement social, il est culturel. Vous avez importe/soutenu des immigres opprimes (et producteurs du capitalisme) ? Vous avez des comportements chariatiques.

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    1. Et bien avant d'être « social » et culturel, il est surtout génétique, l'être humain.

      Le déni du facteur racial est une maladie mentale gauchiste anti-race-iste.

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    2. Ah oui ? Et le gène du mini-short ou du foulard se situe à quel endroit de votre cervelle ?

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    3. Réponse typiquement gauchiste.

      Nous sommes déterminé en premier lieu par les gênes.
      La culture oriente ensuite cette détermination génétique.

      C'est un fait indubitable, il n'y a que des gauchistes pour dénier cette réalité factuelle en la noyant dans une soupe subjective qu'ils nomment facteur « social ».

      Le prétendu facteur social n'est pas une cause : ce sont les effets conjugués de la détermination génétique et culturelle, de même que l'identité.





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    4. Si c'est pas dubitable, ne dubitons pas.

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  3. Allez, dites-le : Au CGB, les printemps pluvieux, c'est votre truc. Ergo vous nous offrez plein de textes intelligents (et bien écrits).
    PS : n'empêche l'ironie c'est délicat, il m'a fallu 2 lectures pour piger "les filles"

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  4. cette fille libère la parole raciste et les discours de haine a son insu puisque n'importe quel humain doté de deux neurones en état de marche aura compris d'ou peuvent venir ce genre de filles, ce qui est déja beaucoup Et cette manière de noyer le poisson (elles étaient françaises peu importe leur origine ou leur ethnie)lol comme si des papiers et des heures passés a user ses fonds de culotte dans les salles de classe de l'école laique et républicaine transformait le moindre africain, musulman ou asiatique en un bon français avec béret-baquette-moustache, toujours pret a raler et a refaire le monde devant son verre de rouge ou son demi en compagnie de ses collègues de bistrot D'ailleurs l'immigration nous enrichit tellement que de plus en plus de jamel samir mohamed lassana fatoumata font des études et des carrières si brillantes qu'ils sont en train de s'implanter massivement dans les centres villes et autres banlieues huppées, tandis que les petits blancs en sont réduit a migrer vers les campagnes, les autres pays ou encore les banlieues pourries

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    1. Au risque de passer pour le gauchiste de service : même si la bande de fille s'est laissée aller à cette lâcheté suprême qu'est l'effet de groupe, elles sont aussi à plaindre. Leur vie ne doit pas être au top, elles qui savent que le groupe "les filles" n'existe pas ("encore" rajouterait un fémiste cohérent).
      (Je ne développe pas plus, car chacun devinera plutôt rapidement la mièvrerie de mon âme)

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    2. Y a aussi beaucoup d'hommes blancs qui traitent les femmes de salopes quand elles sont beaucoup trop sexy à leurs gouts. La frustration sexuelle n'a pas de sexe, ni d'identité ethnique.

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  5. Les "filles" qui l'ont agressée n'auraient pas des prénoms exotiques, par hasard? Parce que ça ressemble furieusement à une application stricte du Coran, tout ça.

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  6. Salam alikoum mes frères,
    Le plus consternant mais habituel est de savoir que le bus était rempli de gens qui auraient pu réagir mais non il est préférable de faire comme si de rien était. :)
    Un bon soufflet, façon Fernand Naudin, sur la meneuse et ce petit groupe de connasses se serait sûrement calmé.

    Je ne félicite pas Maude car par votre intermédiaire elle a permis de me faire repenser à "ma salope à moi" de Gynéco...

    En fait tout le monde est à plaindre dans cette histoire.
    "Les filles" qui sont dans leur optique hyper machiste.
    La Maude qui s'affirme par son short, imposé par le diktat de la mode. (je me fiche de comment elle s'habille, mais la mode n'est jamais loin pour façonner les esprits consuméristes)
    Les témoins de la scène qui se sont montrés fantomatiques.
    Madmoizelle qui pourrait servir de catalyseur d'une colère déplacée.
    Nous, car on se bouffe le cul pour des broutilles.

    https://youtu.be/-xSORIDw1Sg?t=86

    Nos malheurs viennent des salopards qui sont au gouvernement (pour faire vite, je sais que c'est plus compliqué), ainsi que leur prédécesseurs et ce sera également le cas pour les successeurs.

    Que la paix soit avec vous.

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