23 octobre 2008

Démocrature


Emmanuel Todd a donné au torchon de droite Le Point une entrevue à Babeth Lévy (qui défend bien son Finkie) au sujet de son ouvrage à paraître" Après La Démocratie".

La lecture de cet entretien nous éclaire sur l'éclatement de la Fondation du 2 mars soit la division entre la fraction antimoderne et patriote contre la fraction républicaine et égalitaire.






Emmanuel Todd : La révolution protectionniste

Après avoir annoncé, en 1976, la « chute finale » de l'URSS et le « déclin de l'empire américain » en 2001, Emmanuel Todd analyse la crise française avec un livre polémique et savant. Pour cet historien des structures familiales, la démocratie est menacée par le choix des élites en faveur du libre-échange. Entrerons-nous dans l'âge d'« Après la démocratie » (Gallimard) ?

Propos recueillis par Elisabeth Lévy


Le Point : Vous avez annoncé la fin de l'URSS, le déclin de l'empire américain, et maintenant vous proclamez la fin de la démocratie ? Vous lisez l'avenir dans les courbes de natalité ?


Emmanuel Todd : Vous exagérez ! Je peux être brutal dans mes appréciations personnelles mais ce livre est beaucoup plus spéculatif que mes précédents. Oui, la fin de la démocratie est une issue possible mais il y en a d'autres et je ne me prononce pas sur celle qui l'emportera.


Incohérent, intellectuellement médiocre, agressif, affectivement instable et animé par l'amour de l'argent : il n'est guère de défaut que vous ne prêtiez au président de la République. Ne verseriez-vous pas dans la recherche de boucs émissaires que vous l'accusez de pratiquer ?


Taper sur Nicolas Sarkozy est une activité saine, morale et satisfaisante, mais il ne faut pas s'arrêter là. Il faut bien comprendre qu'il n'a pas été élu en dépit de ses défauts mais grâce à eux. Et s'il m'intéresse, comme chercheur, c'est parce qu'il est un concentré des tendances mauvaises qui travaillent la société française.


Nicolas Sarkozy n'a pas seulement été élu pour ses défauts : le verbe-talentueux quoi que vous en pensiez-d'Henri Guaino a eu sa part.


Oui, mais ce verbe ne renvoie à rien. Ce qui caractérise Sarkozy, c'est sa capacité à dire tout et son contraire et de vampiriser les héros et les valeurs de la gauche. Cette dilution des concepts de droite et de gauche est typique d'une situation où il n'y a plus de vraie représentation démocratique mais où des gens et des groupes s'affrontent dans une quête machiavélienne de pouvoir pur.

Vous dénoncez la dérive ethniciste incarnée selon vous par certains intellectuels comme Alain Finkielkraut. Et les discours de Dieudonné, de Christiane Taubira ou de Tariq Ramadan, ils n'incarnent rien ?

Concernant Finkielkraut, son concept de « pogrom antirépublicain », à la fois absurde et important, entre en résonance avec certains éléments du sarkozysme. Quant aux discours que vous évoquez, en effet, ils ne retiennent pas mon attention parce que la critique du multiculturalisme, je l'ai faite dans « Le destin des immigrés », il y a quatorze ans. Je m'intéresse à ce qui se passe effectivement, le taux de mariages mixtes, le niveau réel de pratique religieuse. Il est vrai qu'on n'a pas d'enquête bien faite depuis 1992. Mais je sais que le taux de mariages mixtes est une variable à très forte inertie. Et je sais aussi que lorsqu'une bande mêlée, de toutes les couleurs, caillasse la police, c'est que l'assimilation fonctionne, fût-ce sur un mode négatif. Les valeurs égalitaires sont toujours ancrées dans la société.

Donc, « La Marseillaise » sifflée est l'expression d'aspirations égalitaires contrariées, tandis que l'inquiétude que cela suscite traduit le raidissement islamophobe de l'élite ?


La fascination de l'islam, l'obsession de l'islam, la fixation sur l'islam n'ont rien à voir avec la réalité de l'islam ni même avec la crise qu'il traverse en dehors de nos frontières. Elles s'expliquent par le fait que la France, pays de tradition chrétienne, vient de connaître l'ultime disparition du catholicisme. D'où une angoisse liée au vide religieux, que certains intellectuels laïques projettent sur l'islam, comme s'ils avaient besoin de ce repoussoir pour préserver leur sentiment de sécurité athée. J'aimerais que les intellectuels et les politiques français s'intéressent un peu moins à l'islam et au football, un peu plus au libre-échange et aux délocalisations qui détruisent la vie des gamins de banlieue.

Ce ne sont pas des intellectuels laïques qui ont fait le succès électoral du FN. Ni celui de Nicolas Sarkozy, d'ailleurs.

Non, mais dans l'entourage de Sarkozy, on cultive une vision ethnicisée de la vie politique. Cela dit, l'éclatement de l'électorat du Front national indique que la question économique est en train de prendre le dessus sur la thématique identitaire. La « magie du FN », c'était une thématique identitaire anti-immigrés qui soudait une partie du peuple de gauche et une partie du peuple de droite, les ouvriers et les petits commerçants. Or les commerçants ont fichu le camp au premier tour en votant directement Sarkozy et les ouvriers ont voté Royal en dépit de son discours sur « La Marseillaise ».

Ou peut-être grâce à lui.


En tout cas, les différentialistes se trompent de société. Aveuglés par leurs lunettes ethniques, ils ne voient pas que Sarkozy est surtout l'élu des plus de 60 ans. L'anxiété n'est pas le privilège de la seule jeunesse.

Vous opposez des séries statistiques à l'expérience concrète. Prenons votre diagnostic sur l'éducation...

Dans mon modèle éducatif-culturel, l'émergence de la démocratie est associée à l'alphabétisation de masse et l'émergence de tendances oligarchiques à la restratification de la société par autonomisation des diplômés de l'enseignement supérieur. Et non seulement j'observe la stagnation éducative dans laquelle est entrée la France depuis 1995, mais je reconnais que nous ne savons pas s'il s'agit d'une pause ou d'un plancher de très longue durée.

Vous vous imposez pourtant un devoir d'optimisme...

Je crois beaucoup plus aux données qu'aux impressions. Trente ans de fréquentation des courbes me prouvent le caractère massif, universel, de la marche en avant de l'alphabétisation, celle-ci entraînant la révolution démographique, puis, ultimement, le développement économique. En 2030, la planète entière sera alphabétisée. Bref, je vis avec le progrès. C'est ce qui me rend optimiste.

D'où la volée de bois vert que vous passez aux « pessimistes culturels ». Or il y a quelques raisons d'être pessimiste, non ?


Ce qui me frappe, c'est la façon dont un simple arrêt du progrès est interprété comme un déclin. Comparée à l'extraordinaire progression observée depuis la guerre, la stagnation éducative est un choc, pour les profs et pour tout le monde. Mais le pessimisme culturel est une réaction hystérisée à ce choc. Je n'observe nullement l'ignorance universelle et le prétendu illettrisme que Le Point, comme d'autres, dénonce régulièrement. Il est parfaitement vrai que, après les gosses des milieux populaires, ceux des classes moyennes sont touchés par le chômage et les bas salaires, mais le monde abruti que nous décrivent des dépressifs culturels qui idéalisent le passé, je ne le vois pas !

L'appauvrissement du langage, la chute de l'autorité, le délitement de la transmission n'existent pas ?


Votre obsession du déclin culturel vous fait oublier l'emballement des inégalités, le fait nouveau que les diplômés ne profitent plus du changement économique, ainsi que le retour du capital dans la vie politique et l'émergence d'une oligarchie qui ne représente pas 1 % de la société.

Vous faites une critique acerbe du livre de Max Gallo, « Fier d'être français ». Etes-vous devenu insensible à la nation ?


Je n'ai pas attendu Gallo pour être fier d'être français. J'ai relancé l'idée de nation en 1998, dans « L'illusion économique ». Mais si je crois de plus en plus à sa nécessité, j'espère de moins en moins sa résurgence immédiate. La narcissisation des comportements, l'implosion centripète des individus et des groupes vont tellement loin que le mythe national instrumentalisé par le couple Sarkozy/Guaino n'embraye sur aucune réalité. De ce point de vue, le peuple ne vaut pas mieux que l'élite. Et l'Europe ne va pas mieux que la France. Le sens du collectif se dérobe.

En somme, il ne nous reste qu'à assister au naufrage.Heureusement que vous êtes optimiste.

J'essaie d'être rigoureux. Le problème fondamental de la démocratie, c'est que la classe politique refuse de mettre en question le libre-échange, ce qui mène à la baisse des revenus, à la montée des inégalités, bref à une baisse du niveau de vie pour le plus grand nombre. Et désormais à l'insuffisance de la demande, à la crise financière et à la récession. Jusqu'à présent, une démocratie de manipulation a animé, de plus en plus difficilement, un pseudo- débat politique. Maintenant, il va falloir choisir : une ethnicisation de la démocratie française me paraît assez peu probable. La séquence « appauvrissement des jeunes diplômés-luttes de classes immatures-poussée autoritaire et, ultimement, perversion ou suppression du suffrage universel » est déjà plus vraisemblable. Le PC est mort, mais Marx revient. Bonaparte aussi, malheureusement. Toutefois, il existe une chance de sortir par le haut de la course dépressive de la demande et des salaires : cette solution, européenne et non nationale, c'est le protectionnisme. Mais la crise financière rapproche l'heure du choix. Et celle du jugement.

Le protectionnisme est peut-être une solution pertinente, mais on dirait que, pour vous, il est la nouvelle utopie révolutionnaire. L'avenir radieux derrière des frontières ?

C'est tout le contraire. Face à la narcissisation des comportements, l'adoption d'un protectionnisme coopératif, mis en oeuvre au niveau d'un collectif supranational, délivré de tout mythe fondateur ethnique ou étatique, montrerait que nous sommes passés à un état supérieur de la conscience humaine et du développement historique.

« Après la démocratie », d'Emmanuel Todd (Gallimard, 250 pages, 18 E).


14 commentaires:

  1. Je crois aux mesures protectionnistes...mais la question est, est-ce que le reste du monde nous laissera faire ?!

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  2. @ anonyme

    La finalité du protectionnisme est de se libérer de la contrainte du monde extérieure pour retrouver notre souveraineté. Mais il suppose aussi d'avoir le courage de penser qu'on peut se construire un avenir indépendamment du monde. C'est une histoire d'oeuf et de poule...

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  3. C'est pas mal après Michéa. Todd est d'une mauvaise fois absolue, il ne voit l'abrutissement que chez Sarkozy, ferme les yeux sur l'ethnicisation flagrante, et finit par dire que la "stagnation" de l'enseignement est liée au libre échange, et qu'une bonne petite croissance en mode protectionniste changera la donne, bien sûr sans retour d'un quelconque sentiment national(iste). Vision d'une pauvreté matérialiste navrante. S'il n'a pas compris que les mythes fondateurs, même s'ils froissent, le retour d'un patriarcat et d'une fierté nationale, bref, de" valeurs", étaient nécessaires à l'avènement d'une société décente, il fait pitié. S'il croit que sa société progressiste, une classe moyenne métissée qui consomme et vote PS, a quelque chose de sexy, et bien.. Ses vieux restes de gauchiste servent bien la marchandisation, se réjouir d'un monde alphabétisé sans savoir quelle langue est parlée et avec quelle but et quelle qualité et se plaindre de la mondialisation...Sans parler de ses provocations minables et creuses (lui qui parle de lutte des classes immature) au sujet d'une "assimilation négative", on retrouve le Degauche bien fonctionnaire, bien antidroite par vocation, qui utilise les djeune's pour choquer le bourgeois avec la même vulgarité (inversée) que Sarkozy...

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  4. Todd est dans le systeme, il y a des choses qu'il ne peut pas faire. Par exemple, la promo du nationalisme.

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  5. Je vais essayer d'être plus clair : le libéralisme creuse les inégalités et détruit le langage (la double face économique-social). Todd pense qu'en réduisant les inégalités, on retrouvera les forces de progrès, Finkielkraut pense qu'en absolutisant la langue, on donnera à chacun la véritable égalité (des chances) et donc la force économico-politique. C'est évidemment Finkielkraut qui a raison : le libéralisme a besoin d'un abrutissement généralisé pour prendre sa place économiquement, c'est là où il faut l'attaquer. Todd, enchainé par ses réflexes progressistes rejette toute tentation morale assimilée aux "dangereux mythes fondateurs réactionnaires" et pense qu'il peut lutter sur le seul plan économique, légèrement réhaussé d'une alphabétisation du tiers-monde salvatrice (ou comment faire du pékin moyen un amerloque puissance dix en pensant sauver les deux). Plus j'entends Todd et sa mauvaise foi de plus en plus prononcée (ainsi qu'une tendance adolescente à provoquer gratuitement) plus je me laisse aller à penser que c'est un idiot utile. Voilà c'est dit !

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  6. Face à Finky, Todd s'était montré d'une suffisance et d'une impolitesse rare. A gifler.

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  7. Je me suis fais la même réflexion que vous Il Soprasso.
    La foi progressiste de Todd lui cache des pans entiers de la réalité.

    Il ne peut aller au bout de la critique du libéralisme car il possède la même définition libérale sur la société, une société ouverte, atomisée, composée de petits-bourgeois jouisseurs, sans filiation, sans mythe fondateur, avec pour seul avenir la consommation et faire tourner quelques usines à charbon.
    Il n'a pas rompu avec la modernité, il veut simplement la réguler.
    Tant qu'on ne met les pieds dans le plat en parlant de la filiation, de la race ou de l'ethnie, pour ensuite, les dépasser sans les abolir, on restera dans la pensée unique libérale.

    De toutes façons, la crise va vite remettre ces briques fondamentales sur le tapis, Todd a oublié ce qui s'est passé dans les Balkans.
    Les événements vont lui rappeler quelque chose qui n'est peut être mis dans une équation mathématique.

    Three piglets.

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  8. Dans l'ensemble, notre merveilleux intellectuel, je devrais dire "intellect", à toujours un métro d'avance sur ses collègues.
    Il se trompe moins souvent qu'eux et au moins son discours sort toujours du lot, c'est un plaisir d'entendre, ses contradictions, elles mêmes sont intelligentes et plausibles !

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  9. Autant le père (Olivier) est un biographe fin et intelligent, autant son cuistre de fils ne mérite pas qu'on lise une ligne de ses calamiteux essais.

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  10. Todd: "J'aimerais que les intellectuels et les politiques français s'intéressent un peu moins à l'islam et au football, un peu plus au libre-échange et aux délocalisations qui détruisent la vie des gamins de banlieue."
    On ne crée pas du "mythe fondateur" commun dans une société où, pour de nombreuses raisons, des millions de gens sont structurellement dans la merde. Il faut d'abord que chacun puisse croire, au moins un peu, qu'il peut s'en sortir. Donc, s'intéresser au libre-échange et aux délocalisations peut bel et bien apparaître, même aux yeux de ceux qui n'aiment pas Todd, comme le préalable au retour du sentiment national (et autres joyeusetés), ou à ces mythiques "valeurs" qui , comme "l'esprit" ou "l'âme", font les délices des mystiques. Pas de contradiction majeure ici selon moi.

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  11. Sauf que les déracinés et les vendus a la pensée anglo saxonne, ils s'en branlent des délocalisations, ils veulent seulement passer a la nouvelle star. Aucune chance sans gros tournant idéologique préalable de remédier a la merde "structurelle". Faut voir dans quelle misere intellectuelle sont les nouvelles générations.

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  12. Ce que disait le "Ché" chez Malakine:
    "J'ai toutefois une remarque à émettre, elle me vient de l'expérience personnelle et de la fréquentation d'un ami. une personne de grande valeur, baroudeur, marin, capable de tout faire avec des mains en or comme on disait autrefois...
    Cet homme a longtemps travaillé dans la réinsertion.
    Son analyse était sans appel, les jeunes qui lui était confié (petits délinquants) étaient à un tel niveau d'acculturation et de faiblesse intellectuelle (niveau scolaire indigne, maîtrise du français très insuffisante, repères culturels et sociaux dignes des cavernes et encore... violence intimidation, mépris des autres "races, ethnies, religions...", mépris de la femme, sexualité violente et irrespectueuse.... un ensemble de données qui exigeaient presque un retour à la case zéro de l'éducation...
    Les seules formations possibles pour eux étaient de fait celles des métiers du bâtiment, là où on se lève tot, pour travailler dure et pour des payes pas trop élevées...
    De fait leur discours étaient toujours les mêmes: "fait pas chier, je suis là pour ne pas aller en zonzon ou en sortir, mais jamais je ne bosserais pour gagner si peu et travailler aussi dur, je me fais de toutes façons le triple voir plus en revendant...".
    Si par hasard un rares parmi eux voulait s'en sortir, lui trouver un emplois relevait de l'exploit, car les employeurs potentiels appelés refusent de les embaucher, soi ils ont déjà fait des expériences douloureuses, soi c'est "si c'est pas un gaulois j'en veux pas!".
    Maintenant c'est sur je ne te propose rien, le mal est si profond que franchement je ne vois aucune porte de sortie.
    Nos critères et nos repères sont dépassés.
    Parfois l'impression est même que c'est à se demander si l'on vit sur la même planète.
    Saludos"

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  13. "L'alphabétisation du tiers-monde..." Il parle de la France là E.T.?

    Les néo-sauvages illettrés avec une télé dans chaque pièce...

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  14. Todd peut être crispant à confondre long-terme et court-terme, mais ça a le mérite de faire réfléchir un peu.

    Qui s'attendait il y a 15 ans, à ce que la courbe démographique sature ? C'est pas encore fait, mais on voit venir le palier à 12 milliards sur Terre, avec la fin de l'exode rural massif, sauf en Afrique, donc la baisse des taux de fécondité, malgré tout.

    Sur le fait que l'intégration des immigrés n'ait pas eu lieu à cause des "délocalisations", ou disons plus globalement à cause de l'analyse de Larrouturrou (shift des revenus vers le capital, appauvrissement tendanciel des classes fordistes et keynésiennement valorisées, puis fuite dans l'endettement massif et la politique d'hyperconsommation, Bernays ou Stiegler, armes au choix), si cela est vrai, donc, les immigrés auraient pu s'intégrer massivement dans une économie plus équilibrée, et le visage des banlieues reléguées ne serait pas ce qu'il est.
    C'est bien sûr trop simple, et il y a un aspect systémique, qu'on le prenne par un bout original (Stiegler) ou par le petit bout sociologique (S. Beaud, "80% au bac... et après").
    Le protectionnisme aurait peut être une chance de favoriser la "bio-diversité post télévisuelle" , je m'explique : si on ne fait rien, nos jeunes et notre TV seront aussi con que les chaines US moyennes, on en prend pour 25 ans encore de betise, et après ces 25 ans, je ne sais quelle basculement cybercognitif poussera encore la barque ailleurs, comme le web qui était non prévu (cf le Minitel à France télécom, qui n'a pas su s'écologiser, idem un peu le GSM, abandonné en 1993 par FT aussi , d'ailleurs).
    Ou bien , on laisse faire une "biodiversité" (pas un multiculturalisme) dont ce blog est peut être une trace, et le potentiel peut être bien plus élévé, et l'aptitude à recréer du social dans le cyber, bien meilleur.
    Si Aziz a une idée pour que Mme Sifa ou M. Clément puisse gagner leur vie à l'échelon local en recréant du lien en distribuant les couscous (payant) à ceux qui rentrent tard du boulot, on aura un tout petit peu "transindividué", des gens auront pris soin d'autre gens, dans un système économique pas trop fou. C'est du Yunnus chez nous, qu'il faut pouvoir envisager du côté microscopique. Du coté plus grande échelle, inutile d'insister sur les malheurs faits aux PME dans ce pays, et à plus grande échelle, sur l'incroyable dichotomie grandes écoles universités, que je souhaite vivement résolue par le haut (mais je crains avec Pécresse et Sarko..)

    Ce que j'entends de Todd, c'est la "bonne" biodiversité des iles, celle qui fait que Madagascar a une faune lémurienne unique, ou qu'il aura fallu l'isolement cubain pour que les perles de Buena vista social club ne boient pas leur simple possibilité annihilé par le moloch audiovisuel

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