29 novembre 2007

J'irai ronfler sur vos films !

Génial !

On sort du cinéma, on vient de voir un film, et on ne l’aime pas. Ça arrive, c’est plus ou moins fréquent. Il arrive aussi qu’on le déteste carrément. C’est légitime. Mais est-il permis de détester un film qu’on n’a pas vu ?

Norah Jones est, tout le monde ne le sait pas, la fille du grand Ravi Shankar. Malgré cet héritage, elle chante d’une voix morne des chansons pitoyables, sur des airs convenus. Cette enfant de la baballe fait semblant de chanter du blues, tandis que des cons font semblant de savoir ce que c’est. Elle pousse deux complaintes faméliques sur trois misérables accords mous, sans le moindre espoir d’arriver à quoi que ce soit, achevant sous elle le tempo le plus moribond, et elle recueille encore les applaudissements des têtes à claques. Reprenant un genre musical qui a déjà tout donné au monde, elle a l’invraisemblable orgueil de prétendre y ajouter un chapitre, et elle accouche d’un bourbier de bémols. Qu’elle plaise à un public blanc européen musicalement inculte, c’est déjà dur à avaler, mais je le conçois. En revanche, que la presse spécialisée et les connaisseurs médiatisés n’aient pas, depuis le premier quart d’heure de sa carrière, taillé un costard définitif à cette endormeuse, ça me scie le boudin ! Une expérience fut pourtant tentée à l’Université de Philadelphie (musicologie) : faire écouter le premier disque de la Jones à une bourriche d’huîtres vieilles de trois semaines : les pauvres mollusques trouvèrent quand même la force de s’éloigner pour aller mourir ailleurs.

Cette icône de la variétoche façon blues est, il faut le reconnaître, physiquement délicieuse : dans une société qui vénère autant les images, fussent-elles truquées et vides de sens, sa percée dans la chansonnette devait forcément lui ouvrir d’autres portes. Nous aurons donc Norah Jones actrice, avant Norah Jones ambassadrice de l’Unesco, puis Norah Jones présidente des Etats-Unis. La seule chose à souhaiter, c’est qu’elle transpose alors dans la politique l’apathie de ses blues pour hospices de vieux, et qu’elle foute enfin la paix universelle au reste du monde.

On se souvient d’un précédent succès de Wong Kar-Wai : In the mood for love. Un concert d’éloges s’était abattu sur ce navet, particulièrement en France. On avait sans doute vu, dans ce Chinois influencé par la Nouvelle Vague, le dernier spécimen d’humain n’ayant pas remarqué à quel point la Nouvelle Vague avait pris un coup de vieux.

Dans In the mood for love, on voit des plans de femmes de dos, au ralenti. C’est beau une femme, de dos, au ralenti. Surtout une belle femme. Au seizième plan identique, en plus d’être beau, ça devient chiant : loi universelle. Wong Kar-Wai restera peut-être dans les annales pour avoir réussi l’exploit de faire chiant avec du beau… Autre trouvaille du génie : la zique. Un putain de refrain mollasson revient en boucle chaque fois qu’un enculé ouvre une porte, c’est à devenir fou ! Le maniaque passe et repasse toujours le même, dans l’espoir de faire également chiant avec des notes de musique. Troisième trouvaille (en dehors du traitement de la couleur qui ferait admirer la finesse d’un JP Jeunet), les grilles. Oui ! souvenez-vous : les deux personnages sont prisonniers des circonstances, de la promiscuité, de leurs familles, de tout, et quand ils se voient dans la rue, une grille est toujours placée entre eux et la caméra… symbole de l’enfermement… voyez ? Une grille de square (travelling), une autre grille de square (travelling), une autre grille de square (travelling ), etc.

Il est écrit que Wong Kar-Wai peut faire chiant avec tout, même des grilles de square !

Cette plaisanterie fut présentée comme pleine de finesse, on en vanta partout la délicatesse (je le jure !) et la beauté… j’aurai vécu ça. A l’heure du bilan de ma vie, je pourrai dire que j’ai vécu une époque qui a fait passer des cordes à nœud pour de la délicatesse, la mollesse pour de la sensibilité, et les applaudissements d’otaries de cirque pour de la critique cinématographique ! Hé merde…

Mais on n’en a jamais fini avec la tonneau des Danaïdes : Wong Kar-Wai sort donc un nouveau film avec, évidemment, ce cruchon de Norah Jones en vedette ! Est-il permis de détester un film qu’on n’a pas vu ?

N'importe quoooa

Après Ferrari, Dati, Tinka Milinovic (une sombre chanteuse bosniaque, et pourquoi pas Sandra Kim), Angela Merkel, Michou, Mabrouka (paix à son âme), voici que le magazine Marianne révèle le nom* de la future ex Madame Sarkozy ! C'est n'importe quooooa ces rumeurs !! Jusqu'où ira la presse d'extrême gauche pour salir l'honneur de notre Président ???



* Namu, une chanteuse chinoise, originaire d'une région proche du Tibet

28 novembre 2007

Y'a d'la Haine

Frédéric Chichin dit Fred Chichin (1er mai 1954 - 28 novembre 2007)

A lire le billet de l'excellent Apocoloquintose and Co.

Espace détente


En ces temps d'échauffourées urbaines, il faut plus que jamais reprendre le message d'espoir du groupe Cobra: "il faut plus de lieux associatifs pour les jeunes" aux riffs devastateurs!




Aller un court-métrage de ce joyeux effectif qui a entrevu la lumière divine bien avant Yassine Bellatar.


Cause(ur) toujours


Elisabeth Lévy, qui raillait jadis le mythe internet, tient désormais salon de réflexions corrosives au Causeur. (sponsorisé par la FNAC)...et ça nous intéresse!

Canular


Mardi 27 novembre 2007 – On refait le monde (Nicolas Poincaré) – RTL.

La station RTL a été vraisemblablement victime d’un canular laissé sur son répondeur.

Qui peut bien être l’auteur de cette joyeuse facétie ??

1. Beboper du CulturalGangBang ?
2. Artemus du blog RectitudineSto ?
3. Charles Legrand, number one dans la réacosphère, du blog LeGrandCharles ?
4. Guy Birenbaum, complètement bourré ?

Canular RTL

Le sens de la matraque

Dans ta gueule !

Il faudrait tenir une chronique des interdictions dans la France du début du XXIème siècle. Mieux encore, une chronique qui garderait la mémoire des demandes d’interdictions, des vœux exprimés par la voix d’associations diverses, d’avocats écoutés ou de personnalités influentes. Gros travail, on n’en finirait pas.

Ce mardi 27 novembre 2007, j’ai entendu une émission stupide sur France Inter. On y parlait de Baby First, une chaîne de télé exclusivement consacrée aux petits enfants, à partir de quelques mois. On apprend que ses programmes sont faits par des spécialistes des enfants ( ?) et que récemment, une brochette de scientifiques y auraient déclaré que les nourrissons se développent mieux intellectuellement quand ils sont mis devant la télé entre zéro et deux ans. A un Français de 2007, cette affirmation paraît légitimement incroyable, autant que la théorie de Galilée aux gens de son temps. On a envie d’en savoir plus, même si on subodore que les scientifiques en question sont des potes de bistrot du patron de la chaîne. Mais dans le studio de France Inter, un pédagogue autorisé réclamait déjà l’interdiction de Baby First…

Aux infos qui suivirent, on nous fit quelques rapports des événements de Villiers-le-Bel, et on apprit qu’un maire de patelin voisin réclamait l’interdiction des mini motos. Que se serait-il passé si les deux jeunes s’étaient jetés sous les roues de la voiture des flics en Vélib ? Aurait-on demandé l’interdiction de ce bel outil électoralo-écolo-économico-dans le vent ? Les mini motos sont moches, bruyantes, mal fichues, invraisemblablement ridicules, mais faut-il forcément les interdire ? Interdit-on la chanson française ?

Puis, nous sommes passé au sujet de la future loi contre la tabagie dans les lieux recevant du public. Elle prévoit une interdiction de fumer aux terrasses des cafés. Tu peux fumer dehors, dans la rue, très près d’une terrasse bondée, mais si tu prends une chaise, stop ! Puis vint le délicat problème des conducteurs de voitures qui continuent de téléphoner avec des oreillettes, malgré les dangers dantesques qui menacent tout automobiliste qui papote, même les deux mains sur le volant et les fesses serrées à donf. Faut-il interdire la causette au volant ? Oui répondent déjà quelques militants.

Faut-il interdire de rouler en vélo sans casque ? OUI
Faut-il interdire de dénigrer la Constitution ? OUI
Faut-il interdire le blasphème ? OUI
Faut-il interdire l’aérophagie ? OUI
Faut-il interdire de siffler le drapeau ? OUI
Faut-il interdire la douleur ? OUI
Faut-il interdire les erreurs médicales ? OUI
faut-il interdire de débiner les flics? OUI
Faut-il interdire l’imparfait du subjonctif ? OUI
Faut-il interdire le référendum ? OUI
Faut-il interdire les gros mots ? OUI
Faut-il interdire la misère ? OUI
Faut-il interdire la richesse ? OUI
Faut-il interdire de bouffer des conserves ? OUI
Faut-il interdire le réchauffement du climat ? OUI
Faut-il interdire l’Histoire ? OUI
Faut-il interdire le désespoir ? OUI

Maurice Béjart parle


Bejart, par Harcourt

En passant, je signale que France Culture diffuse une série de cinq entretiens passionnants avec Maurice Béjart (datant de 2005), à l’occasion de sa mort.

A voix nue, tous les soirs de 20h à 20h30. Béjart parle de la danse, mais encore plus de tous les gens qu’il a croisés, qui furent aussi nombreux qu’intéressants, et du siècle qu’il a vécu. Ce mardi soir, il a évoqué Stravinsky et Pierre Shaeffer, entre autres. Comme si on y était.

27 novembre 2007

Non-assistance à flics en danger

Les gentils

Deux gosses (15 et 16 ans) sur une mini-moto (peut-être volée mais il faut pas le répéter) et sans casques roulent à vive allure et refusent une priorité à une bagnole de flic. Résultat : sévère collision et les deux mômes restent sur le carreau. Puis ni une ni deux, les flics manquent de se faire lyncher par les grands-frères et les potes qui rappliquent à toute vitesse.

Si on résume : deux jeunes inconscients n’ont pas respecté le code de la route et ont mis en danger la vie d’autrui. Ils roulaient avec un engin qui devrait être interdit à la vente. Les constructeurs et les vendeurs de ces engins non homologués et peu fiables mettent donc également en danger la vie d’autrui. Enfin, si la minimoto appartenait à l’un des gamins, les parents de celui-ci peuvent également être déclarés responsables de lui avoir acheté ce jouet dangereux et de l’avoir laissé en user de façon toute aussi dangereuse.

La voiture des méchants

Mais pourtant dans cette affaire, il règne un climat malsain de suspicion à l’encontre… des flics ! Les responsables, ce pourrait être eux et uniquement eux pour, au mieux, non-assistance à personnes en danger, et au pire, avec cette tentation larvée de les considérer comme des assassins, pour homicide involontaire. Une enquête pour des "faits d'homicide involontaire et de non-assistance à personne en danger" a d’ailleurs été diligentée par une procureureeuuh probablement émueee et bouleverséeee par le drame et les marches silencieuses qui ont suivi.
Sinon le gros Hollande, vous savez le socialiste comme y dit, a pour sa part estimé que les violences ayant suivi les décès traduisaient "une crise sociale profonde" qui devait être réglée par "des mesures sociales, éducatives, républicaines". Si on traduit, Flambi préconise comme d’hab’ de ne rien faire, c’est-à-dire d’expliquer éducativement aux jeunes que tout ce qui s’est passé est mal et qu’il ne faut surtout pas recommencer, et que l’année prochaine ils auront une jolie MJC dans laquelle ils pourront faire du slam, si bien évidemment ils ne l’ont pas brûlée avant le terme de sa construction. Si l’éradication de la plaie d’argent conduisait à la vertu, alors les riches devraient être extrêmement vertueux.
Quant au Oui Oui de la LCR, il trouve tout à fait normal ce qui s’est passé parce c’est la faute à la « crise sociale » et que les jeunes ont raison de tout casser parce qu’ils subissent de l’injustice et qu’ils sont révoltés*. On imagine qu’en aparté le joufflu trouve aussi tout à fait scandaleux qu’une voiture de police ait pu se trouver sur le chemin des deux innocents et qu’elle ait eu le culot de s’engager dans le carrefour alors qu’elle avait la priorité, et que les jeunes révoltés qui étaient sur la moto ne sont donc que de pauvres victimes de notre société injuste. En revanche, que les policiers éprouvent aussi un sentiment d’injustice et de révolte et qu’ils seraient en droit de réclamer la non-assistance à personne en danger, ça lui passe au-dessus de sa petite tête de nœud au joufflu.
Car s’il y a eu ici non-assistance à personne en danger, c’est bien plutôt celle de l’Etat envers ses fonctionnaires de police.

Les méchants


* Pour Olivier Besancenot, porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire, les réactions de colère de dizaines de jeunes "traduisent une fois de plus la profonde crise sociale qui mine ces quartiers" et le sentiment "d'injustice et de révolte" qu'éprouvent ces jeunes marginalisés. (Reuters)

Police Sévice

La campagne de recrutement de la police nationale marche du feu de Dieu dans le quartier du Marais à Paris ! Allez savoir pourquoi ?

26 novembre 2007

L'Empire de l'absence




Dans sa chronique fort bien ciselée d'El Pais, l'écrivain et journaliste Vicente Verdú recense tous les signes d'un "essor étonnant de l'absence" dans nos sociétés : "De même que le cancer ou le sida ont symbolisé une époque, la maladie d'Alzheimer s'impose comme la manifestation d'un mal nouveau. A la multiplication cellulaire du cancer ou à l'invasion du virus s'oppose une évolution cérébrale vers l'absence. (?) Le travail, qui au XIXe siècle représentait pratiquement tout, a perdu une bonne part de sa fonction identitaire à la fin du XXe siècle. Les citoyens, petit à petit, sont passés du statut de producteurs de biens matériels et spirituels à celui de consommateurs. (?) [Le règne de l'absence] n'est pas aussi grave que la chute d'une civilisation, mais marque un état culturel d'anxiété permanente que rien ne vient apaiser."

Verdu précise:" Le manque, le vide, la vacuité, tout ceci se réunit dans une atmosphère d'absence qui, comme une angoisse fine, couvrant l'actualité de l'espace et ralentit l'action".

Le chroniqueur espagnol insiste ensuite: "Il n'y a pas de la citoyenneté politique qui arrive à une grand dessein mais il y a des citoyens consommateurs qui pensent être quelque chose dans l'acte même de consommer. Il n'y a pas de sexe fort mais un sexe en tant qu' assortiment, y compris le non- sexe ou l'a-sex "


L'auteur du Style du Monde note finalement que "Le monde du Réseau, comme gigantesque paradigme de notre temps, coïncide avec l'empire absolu de l'Absence. Les liens personnels ou commerciaux, le web sociaux, Google ou les wikipedias créent le nouvel univers basé sur le jugement de la foule, un savoir magmatique et incertain comme il correspond à l'absence d'autorité dans la connaissance. Tout le monde paraît présent dans la communication électronique mais, à la fois, tout est traduit dans une extraordinaire constellation de fantômes. Des centaines de millions de personnes sur MySpace, Google ou YouTube, toutes en s'ajoutant comme intangibles dans la planète de l'absence. Il ne s'agit pas, toutefois, de zombies dont la trace serait détachée d' un arôme funéraire, mais d'êtres aussi étranges qu'impalpables, aussi inattendus que volatils. Avec une particularité additionnelle : son empilement ne produit pas, son concert ne clame pas, sa présence se correspond avec la taille précise de son absence (...) De fait, les objets, les idées, les religions, les films ou les raisons, les gares ou les événements, pèsent chaque fois moins(...) Toute la connaissance, touristique ou non, est désormais engraissée d'absence."

Le résident de la République



Nous sommes fin novembre, et des voix commencent à tailler un costard à notre super premier ministre (!) Nicolas Sarkozy.

Le CGBi se pose donc la question... mais qui est donc le président de la République depuis la vacance de la présidence en mai dernier?

Le pouvoir du col-roulé aidant, Emmannuel Todd dans une décapante entrevue au Nouvel Obs (sic) nous livre ses impressions sur les six premiers mois de "gouvernance" du gourou de l'UMP. Toujours à l'affut c'est l'excellent site Libertés Internet qui a débusqué ce marteau-pilonnage intellectuel revigorant.





Une interview d’Emmanuel Todd : “Sarkozy ? C’est le respect des forts”

[Le Nouvel Observateur - 22/11/2007 ]

Emmanuel Todd est historien et démographe. Dernier ouvrage paru, en collaboration avec Youssef Courbage : «le Rendez-vous des civilisations» (Seuil. Il estime que «le tempérament agressif» du président «est naturellement dirigé contre les faibles». D’où sa recherche de boucs émissaires…

Le Nouvel Observateur. - Comment expliquer cette nouvelle crise sociale ? La France du refus, du refus de l’Europe, de la mondialisation, se cabre-t-elle à nouveau ? Ou faut-il incriminer Nicolas Sarkozy, plus porté à s ‘attaquer aux petits privilèges qu’aux grands ?
Emmanuel Todd. - Pour comprendre ce qui se passe, il faut faire l’histoire du sarkozysme en tant que technique politique. Sarkozy est arrivé au pouvoir grâce à la crise des banlieues. Ministre de l’Intérieur, il y a mis le feu, et le souvenir de cette flambée a été utilement réactivé pendant la campagne par les incidents de la gare du Nord. Il a gagné sur un discours national identitaire. Depuis l’origine, le sarkozysme fonctionne sur la désignation de coupables du mal-être français, de boucs émissaires. Dans les banlieues, ce sont les enfants d’immigrés, aujourd’hui ce sont diverses catégories de fonctionnaires ou assimilés.

N. O. - Vous ne portez pas au crédit de Sarkozy d’avoir fait reculer Le Pen à la présidentielle ?
E.Todd. - Sarkozy va plus loin que Le Pen. Le Pen est dans le domaine du verbe. Sarkozy a utilisé l’appareil d’Etat pour enflammer les banlieues. Les débauchages autour de l’ouverture ont masqué la nature profonde du sarkozysme. Pour une part, le FN est désormais au pouvoir. La réalité de Sarkozy, ce sont deux choix : des cadeaux fiscaux aux riches, et des tests ADN pour donner aux pauvres le sentiment qu’il y a encore plus petits qu’eux, sur lesquels on n’hésite pas à taper. C’est classique : l’incapacité à traiter les problèmes économiques conduit à désigner un ennemi à caractère étranger.

N. O. - Les cheminots sont les ennemis de l’intérieur ?
E. Todd. - Avec les cheminots, on est dans la désignation d’un autre ennemi, en apparence vulnérable. On active un discours égalitaire sur les petits privilèges inadmissibles, notamment en matière de retraite. On anticipe logiquement un soutien de l’opinion. Mais le problème auquel se heurte Sarkozy, c’est qu’en sortant du registre ethnique identitaire il revient sur le terrain de l’économie et des luttes sociales, sur le terrain de la lutte des classes, diraient les marxistes. Sans approuver les grévistes, les salariés sont renvoyés à leurs propres préoccupations. Ils font le constat de la nullité économique de Sarkozy.

N. O. - Nullité ! Vous êtes excessif !
E. Todd. - Tous les gouvernements, de droite comme de gauche, sont confrontés au même problème : la globalisation, le libre-échange, la pression sur les salaires due à l’émergence de pays comme la Chine ou l’Inde. Aucune politique ne peut réussir sans faire baisser cette pression par une dose de protection aux frontières de l’Europe. Pour y parvenir, il faudrait affronter l’Allemagne, qui s’y refuse. Or l’Allemagne, c’est du gros. Et la logique du sarkozysme, c’est le respect des gros.

N. O. - Reste que ces grèves sont impopulaires...
E. Todd. - Oui. Mais ce que n’a pas vu Sarkozy, c’est qu’il fait à la fois mal aux grévistes et à lui-même. En dénonçant les petits privilèges, il rappelle qu’il défend les gros. Cette erreur sur la désignation de l’ennemi suggère que le sarkozysme est plus instinctif que réfléchi. Son tempérament agressif est naturellement dirigé contre les faibles. Mais il n’est pas schmittien : Carl Schmitt a théorisé l’essence de la politique comme étant la désignation d’un ennemi. L’agressivité de Sarkozy, face aux marins pêcheurs par exemple, met en évidence un président banalement agressif en tant qu’homme.

N. O. - Sarkozy ne se conduit pas en président ?
E. Todd. - En un sens, la France n’a pas de président. On a parlé d’hyper-président parce qu’il étouffe son Premier ministre. C’est perdre de vue que la fonction d’un chef de l’Etat ne se réduit pas à un activisme tous azimuts. Il y a une dimension symbolique de l’Etat, de la nation, qu’il se doit d’incarner. Même à l’époque de Berlusconi, les Italiens avaient un président. L’incapacité de Sarkozy à prendre en charge cette dimension présidentielle crée un sentiment d’insécurité. Sarkozy est anxiogène : c’est un homme de droite qui incarne davantage le désordre que l’ordre, ce qui est paradoxal mais explique la multiplication des conflits, y compris chez les étudiants.

N. O. - Lexpérience Sarkozy va mal finir ?
E.Todd. - Il ne faut pas dramatiser. Mais on ne peut imaginer un président qui, pendant cinq ans, taperait sur les plus humbles. Il faudra une correction de trajectoire. On sent déjà monter une inquiétude dans les milieux patronaux. Car même la politique étrangère de Sarkozy est coûteuse. Là encore, il flatte le fort, ou supposé tel, les Etats-Unis, et s’en prend aux faibles, comme la Russie, l’Iran ou le Tchad. Or les ressources énergétiques nécessaires à l’économie française sont en Russie et en Iran.

N. O. - Le salut va venir du Medef ?
E.Todd. - Du Medef, sûrement pas. Mais les classes dirigeantes, ça ne se réduit pas aux copains milliardaires de Sarkozy, aux participants de la nuit du Fouquet’s.Hervé Algalarrondo

http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2246/articles/a360495-.html

Des ministres de combat

La prochaine fois, j'y colle une droite!

Julien Dray, de passage sur Canal+, a avoué avoir reçu une proposition de portefeuille ministériel de la part de Nicolas Sarkozy. On savait Sarko instable nerveusement, on le découvre totalement déjanté.

Dray n’a pas accepté la proposition bien qu’il « apprécie » le Patron : « ça fait longtemps qu’on se connaît, qu’on se combat, qu’on s’apprécie », a précisé le lécheur de cul. Il faut savoir que Sarko et Dray ont passé leur ceinture noire de karaté dans le même club (Amicale du Karaté de Noeuilly) et que le Boss, moins puissant en valeur absolue mais meilleur à mi-distance, a surpris son adversaire en lui faisant sa proposition pendant un combat.

- Vlan ! Paf ! Au fait, Ju, qu’est-ce que tu dirais du portefeuille de l’Intérieur ?

- Qu… quoi !? (Pouf, pouf…)

- L’Intérieur ! Ministre, quoi !

- Pourquoi moi, chef?

- Pour la guerre sociale qui s'prépare, j'ai besoin de ministres de combat!

- Mais, je suis de g... gauche!

- Justement, Juju, tu connais le peupl', ça sera plus facile.

- Moi, ministre ? Je… (déconcentré, le joufflu se fait cueillir par un mawashi geri de toute beauté, et se couche dans un grand pof)

- J’ai encore gagnéééé !

A cours d’adversaires à qui proposer un ministère, le Pezident aurait approché un haut responsable de la direction du Cultural GangBang, qui a pour l’instant décliné l’invitation. « Ministre du travail, ça serait un comble ! ».

Bientôt ministre...

L’Elysée parle en revanche « d’avancées significatives » du côté de deux ou trois commentateurs anonymes du célèbre blog, qui n’avaient rien de mieux à faire depuis quelque temps.

Les CRS recrutent

Les CRS recrutent et ils y mettent le paquet !! Pour preuve leur dernière campagne télé très réaliste. L'acteur qui joue la parodie d'étudiant pseudo communiste (keffieh rouge et noire, barbe de 3 jours, cheveux en pétard ...) est très convaincant ! Quant aux dialogues, ils sont finement observés : "tentative de briser mentalement", "ils m'ont regardé et ils ont fait crac (boum huuuue ??)", "ces gens sont dangereux" ou "une pente extrêmement fascisante".

25 novembre 2007

Vends termitière avec vue sur le métro


Le 12 novembre dernier, le Conseil de Paris a lancé le projet de construction de 3500 logements sur une ancienne friche de la SNCF dans le 17è arrondissement, aux Batignolles. Il y aura de tout, des écoles, des crèches (remarquez comme le point des crèches est systématiquement mis en avant par les maires, dans une époque où il y a de plus en plus de vieux et de moins en moins d’enfants…), des pistes cyclables, des logements pour les étudiants, et bien d’autres merveilles chauffées aux énergies renouvelables. Ça va vraiment être super d’habiter là !

Evidemment, la question des loyers est sur la table. 109 000 demandes de logements à loyer modérés sont actuellement enregistrées à Paris. Or, le projet en question prévoit 950 logements sociaux… On imagine sans peine qu’à moins de quatre mois des élections municipales, chaque camp y est allé de ses idées : le quartier des Batignolles est situé dans l’arrondissement de Françoise de Panafieu, pas question de laisser Delanoë tirer toute la couverture à lui.

Dans cette épreuve de grappillage, puisque la question des logements sociaux est sensible et qu’on cherche des solutions, le parti communiste a suggéré qu’on abolisse la limite légale de 37 mètres de hauteur pour les constructions neuves, et qu’on la passe à 50 mètres. Quelques mètres de plus où on peut loger du monde, a benoîtement suggéré le représentant communiste. Pour les Verts, en revanche, le souci de l’environnement est une priorité qui ne se discute plus, et « l’environnement, c’est d’abord de l’esthétique ». L’adjoint de Denis Baupin se dit « interpelé » par la proposition du PCF, mais ne veut pas transiger : « des tours de 50 mètres, non ! on n’est pas à Varsovie » ! Dans un souci d’apaisement, le Vert a tout de même tenté de concilier les deux positions en proposant de construire des immeubles de 50 mètres, dont 13 mètres enterrés. On en resterait donc à 37 mètres visibles, mais on aurait quatre étages supplémentaires qui ne défigurent pas le ciel, a-t-il poétiquement remarqué.

La chambre des gosses

Le Conseil parie que sur 109 000 demandes de logements, on trouvera bien des volontaires pour ces appartements-là. De Panafieu, quant à elle, avertit son monde : en tant que femme de terrain, je sais qu’on n’attire pas les mouches avec du vinaigre, et qu’il faudra faire un effort à la baisse pour les loyers.

24 novembre 2007

Scission Belge

"En 2005 François Pirette écrivait et jouait ce sketch sur le perron du 16 de la rue de la Loi (Matignon belge) au lendemain de l'échec du référendum français sur le traité européen. Il y met surtout en perspective loufoque le malaise belge d'une scission annoncée. Prémonitoire ?"

22 novembre 2007

Ma liberté de poèter

Une chevelure de poète


Certains événements font froid dans le dos parce qu’ils sont inattendus, et que leur violence est amplifiée par notre distraction. D’autres nous accablent parce qu’on savait bien qu’ils allaient arriver, parce qu’il ne pouvait en être autrement, et qu’il faut bien y passer. La fatalité nous touche, elle nous remet à notre place de faibles hommes, elle rappelle à notre orgueil que la puissance de la nature, surtout dans ses catastrophes, est indifférente à la vie humaine.

Florent Pagny vient de sortir un « Florent Pagny chante Brel », oui, un disque. Bien sûr, tout le monde chante Brel, tout le monde fredonne la Traviata ou la Cinquième de Beethoven mais on n’en fait pas un disque pour autant. Florent Pagny, si. Il a donc pensé qu’il pouvait apporter quelque chose au patrimoine Jacques Brel, à ce que le public connaît de ce chanteur. (un peu comme Johnny Hallyday a pensé apporter sa pierre à l’édifice de la maison Brassens en reprenant virilement le trop gentil « Parapluie »…) Il a pensé que par delà la mort, il pouvait redonner vie à ce grand homme. « Florent Pagny nique ta mort » est d’ailleurs le titre qu’il avait proposé à Bob Crappy, dircom de Mercury-Universal, homme d’ouverture mais aussi de bon sens, qui sut dissuader le thanato fighter… Pagny, qui, ne l’oublions pas, a écrit les paroles de son célèbre hit « N’importe quoi », avait eu la prescience de son engagement lorsqu’il écrivait son immortel refrain

« Et là, tu crois
Qu'je vais rester là sans rien dire ?
Ah oui, tu crois
Qu'je vais rester planté là
A te voir partir dans tes délires
Et te laisser faire n'importe quoi ? »

Ecrit en 1988, ce texte bouleversant s’adressait déjà à Brel et semblait lui dire que Pagny ne le laisserait pas partir dans l’oubli (l’inconscient Brel avait eu la distraction de mourir dix ans plus tôt), qu’il ne resterait pas muet face à ça (remarquons au passage la double répétition du LA, astuce inédite, message subliminal qui introduit de la musique dans l’aridité grammaticale : là, là, là !). Un papier du Figaro nous en apprend plus sur les motivations du poète barbu : ICI On peut y lire que le choix d’aller vivre loin de la France fut inspiré par la vie même de Brel. Le grand Jacques nous a en quelque sorte privé de la jouissance permanente de Florent Pagny sur le sol national ! Dommage que, dans son souci de se fondre dans le brélisme, Pagny se soit arrêté au chapitre des voyages et qu’il n’ait pris, comme Brel en son temps, la décision d’arrêter brutalement de chanter. Mais l’année 2007 nous gâte bien plus encore que cette nouvelle pourrait le faire croire. Fidèle à son isolement et à sa légendaire discrétion, Julien Gracq n’a pas encore annoncé son dernier travail, qui s’inscrit dans le droit fil de la geste de Pagny, et qui restera peut-être sans publicité (à part le modeste filet que vous avez sous les yeux) : sa reprise des meilleurs textes de Richard Anthony.

Kampai !

21 novembre 2007

Beauf pride



La scène est devenue habituelle: fin de journal télévisé 20h22, on parle d'une manifestation, celle des buralistes. Une brève dépêche de l'AFP reprend le tout.

C'est vrai merde, pourquoi parler de cette "beauf pride"... Ces ringards de buralistes, ces palefreniers du zinc qui s'estiment à même de contrer le citoyennisme, l'épuration éthique... d'ailleurs si Sarkozy a gagné les dernières présidentielles c'est bien parce qu'il avait bien promis "d'assouplir" cette loi unique pour le Bien commun, le salaud (sûrement Guaino-Maurras là-dessous).

Ironie de l'histoire les buralistes n'ont pu manifester en nombre à cause de la grève des transports. Dur de voir ces deux reliques de l'ancien monde, celui du vieil état keynesien et celui de l'art de vivre à la française se battre contre des moulins à vent.

L'Europe divine encore et toujours dont les 3 piliers pourraient être: dérégulation, dictature de la santé et "diversité".

Ouais, une bonne grosse grève !

Huuuum !

Un conflit entre des lycéens et un gouvernement est toujours regardé comme « sympathique » par les jeunistes, et pitoyable par ceux qui, au-delà même de la légitimité de l’action, se bornent à en écouter les discours. Evidemment, on ne peut pas s’attendre à du très haut niveau quand les combattants ont 16 ans d’âge moyen…
Pour le cas des étudiants, la fatuité de celui qui vient d’aborder Bourdieu en cours redouble souvent l’envie grégaire de faire comme les anciens, et de fonder dans la pseudo anarchie d’une grève, la pseudo violence d’une manif, une vie de citoyen qui débute. Pour être parfaitement juste, il faudrait donc pouvoir séparer l’objet d’une grève et la tronche boutonneuse de ceux qui la présentent aux interviews. Fondamentalement, une grève chez Toyota ne fait pas chier grand monde. Elle passe plus ou moins inaperçue, sauf aux yeux de ses dirigeants, et à ceux des grévistes eux-mêmes quand ils regardent leur portefeuille en fin de mois. Une grève à la SNCF, pardon, c’est aut’chose ! D’une façon générale, une grève touchant un service au public, (éboueurs, contrôleurs aériens, hôpitaux, etc.) est immédiatement en phase avec le citoyen de base, tout égoïste qu’il puisse être. Et il n’aime pas ça, le citoyen égoïste. Quand trois mètres cube de merdes encombrent le trottoir parce que les éboueurs arrêtent d’ébouer, on en arrive vite à ne plus les plaindre du tout ! Ce n’est pas très juste, ce n’est pas très intelligent, c’est humain. C’est sur cet « agacement » que comptent d’ailleurs les grévistes, et aussi ceux qui les combattent. Or, depuis quelques années, chaque grève ou presque est l’occasion d’entendre un refrain auto flagellateur sur la France, qui se barre en couilles chère madame, et qui est désormais ingouvernable, irréformable, indécrottable. Le problème de ce genre d’affirmations, c’est qu’elles peuvent avoir une part de réalité que chacun ressent ou observe, mais qu’elles présentent la chose comme une spécialité, une tradition funeste qui épargnerait les autres pays. Le site de l’Acrimed présente la synthèse de plusieurs études démontrant exactement l’inverse.
Après cette étude (qui a plus d'un an), puisque nous sommes des gens rationnels, (et sauf à soutenir qu’il y a trop de grèves car on en rejette le principe même) il est donc désormais acquis que le prochain qui affirmera que la France est la championne du monde des grèves (sous-entendu : nous sommes un pays de fortes têtes opposées à tout changement) sera désigné comme un ignorant, un feignant, un faux jeton ou un simple trou du cul.

Le naufrage de Zozos

Ainsi est le temps médiatique, après avoir monopolisés journaux télévisés et magazines d'information les naufragés de l'Arche de Zoé ont quitté les tubes digestifs de l'infos remplacés au pied levé, qui a dit que le service minimun n'existait pas ?, par les grèves des cheminots, fonctionnaires, étudiants etc qui empêchent nos journalistes de déposer leurs gosses dans leur école privée.

Heureusement reste le Cigébi, inlassable sentinelle de l'info moisie, pour vous tenir au courant, parfois même au péril de son équilibre mental, des résultats de ce procès du long sanglot de l'homme blanc.



Allez, 10 ans de travaux forcés et on en parle plus

School of sampling V2



Radioblog est vraiment une mine, Ecstasy, Ohio Players, inconnu au bataillon jusque ici, un bon morceau soul, très bon, qui reste dans la tête et cette plainte, ce râle à 0,22 du début du morceau; bien sûr, c'est le gimmick du morceau phare du dernier album de The Roots.




19 novembre 2007

Koden


Koden (individu électrifié) c'est l'appellation que l'on donne au Japon au jeune homme (fille) dépendant de son baladeur et transporté dans des sphères lointaines à force de se blinder derrière sa musique.

Les kodens sont légion dans nos métropoles: à pied, en vélo (ou vélib), à scooter et même en voiture... Le plus marquant sont les individus qui s'isolent du monde dans le métro et les transports en "commun".

Car, il y a deux types de kodens ceux qui font chier le monde dans un délire narcissique avec leur ipod ou autre baladeur MP3 à fond les manettes et ceux qui se retranchent derrière leur mur de son... ce qui est bien commode pour jouer les singes sourds et muets lorsque des personnes indélicates importunent vos voisin(e)s.

Koden c'est la possibilité de rompre le lien social et masquer à bon compte toute forme de civilité élémentaire. Notre post-humain, notre I Cyborg, en plus de devenir sourd , est bienheureux d'échapper au réel.
Les jours de foule... on s’touche pas exprès, les oreilles sur les bouches mais jamais on ne se dit rien, si près, si loin... Le Koden est notre homme des foules moderne et son prestige se mesure à la grosseur de son casque.

Les cons parlent français

Un anglicisme peut en cacher un autre...

Il est de bon ton de se moquer des anglicismes les plus sauvages, les plus inattendus, surtout dans les premiers temps de leur apparition. Puis l’habitude fait son œuvre, et on se met à les employer, pour être compris, parce qu’après tout, ils disent bien la chose à dire, parce que nous sommes des francophones, c'est-à-dire adeptes d’une langue qui « recule ». Les optimistes de principe diront que la langue évolue, ce qui n’est pas contradictoire avec la première affirmation, mais la question n’est pas là.

Les anglicismes sont pratiques, car ils sont faciles à repérer. Quand on veut se moquer sans risque d’un couillon (un publicitaire, par exemple), on relève les anglicismes qu’il emploie. Les anglicismes, remarquons-le, ne sont utilisés nulle part autant que dans le français « de l’entreprise », cash flow, joint-venture, le ridicule reporting, etc. C’est sans doute explicable par le fait que les économistes et les chefs d’entreprises en général se foutent complètement de la langue française, comme ils se foutraient de l’anglaise si elle n’était pas un vecteur de puissance et de pognon. Le monde du sport, qui est un laboratoire idéal pour la compétition économique, s’est brutalement anglicisé depuis peu : on disait poules pour désigner les catégories en championnat de rugby, on utilise désormais l’extravagant TOP 14 ! En foot, la coupe des champions a été soudain remplacée, on ne sait pourquoi, par la champions league. Habituellement, le mot ligue évoquait les organisations d’extrême droite des années 20 et 30, les Camelots du roi, les Croix-de-feu, les Jeunesses patriotes ou le fameux Faisceau, autant dire qu’on ne se précipitait pas trop sur ce mot depuis. On parle désormais de ligue 1 (en français, s’il vous plait !) pour désigner l’ancienne première division, ce mot de division étant probablement chargé de tant de négativité qu’il effrayait les requins du ballon rond eux-mêmes ! Brrr ! En formule 1, le warm up est apparu sans nécessité, à la joie et à l’initiative des journalistes sportifs. On pourrait y passer trois pages….

Mais justement, les anglicismes plaqués brutalement sur le langage courant sont tellement repérables qu’ils font de l’ombre à un phénomène bien plus grave, qui est lui de la pure connerie, et que personne ne semble remarquer. Il y a quelques décennies, personne n’aurait compris ce que désignent les expressions « idées recettes » ou « gâteaux sésame ». Aujourd’hui, ces purs anglicismes travestis sont parmi nous, ils remplacent les ringardissimes idées de recettes et les néanderthaliens gâteaux au sésame. Accoler brutalement deux mots pour créer une expression valide est une pratique que le français laissait à l’anglais, jusqu’à ce qu’on se rende compte que tout le monde s’en fout. Ouvrez n’importe quel magazine, n’importe quel prospectus publicitaire (attention, le mélange abominable de couleurs vives peut provoquer des vomissements), vous trouverez de ces attentats grammaticaux : les fameuses fiches produits, le gigantesque Carrefour Hypermarchés France, le très occupé responsable achats, les poétiques billets avion, les pédophiliques vélos enfants, les bienvenues astuces bricolage, les rassurants produits bois, les aventureux projets vacances, la puissante barre chocolat et une gamme proliférante d’autres expressions de la même farine. C’est laid, c’est stupide, c’est surtout inutile, c’est pour ça que ça plait.

« Bousculade au guichet départ de Lagardère Active

De nombreux salariés se sont portés candidats au guichet départ mis en place dans la branche presse de Lagardère Active. » (stratégies.fr)


Si on rencontre des opposants officiels aux anglicismes voyants (ce genre d’opposants invite toujours au débat une québécoise acariâtre), personne ne semble faire attention à ces sournoises attaques grammaticales qui pénètrent le langage courant et qui ont l’avantage de pouvoir être prononcées plus facilement, même par une grand-mère qui n’aurait pas fait d’anglais. On ne dira jamais assez à quel point le langage du commerce et la publicité pervertissent la langue, probablement sous prétexte d’innovation (attention, une explosion de rire trop franche peut entraîner des postillons dégueulasses sur l’écran). Un idéologue parlerait sûrement d’influence néolibérale et de conséquence de la mondialisation sur le langage, mais pas moi… Dire autrement le même baratin, c’est le lot quotidien des pubards. Evidemment, l’inventivité est ce qu’ils possèdent le moins, et c’est ainsi qu’ils se pompent les uns les autres les plus ridicules expressions. Quelques années à ce régime ont fait que personne ne se formalise plus de rien et, plus grave encore, que personne n’a même plus envie d’en rire.

Au-delà de cette forme d’anglicisme, le français est régulièrement ravagé par des vagues d’expressions publicitaires stupides qui ont toujours un vif succès avant de se ringardiser et, heureusement, de disparaître. Laissent-elles de profondes traces ? Ce n’est pas sûr. Mais, par leur foudroyant succès et leur capacité à être reprises par tout ce que le pays compte de moutons, elles font souffrir quotidiennement les âmes sensibles pendant des années. Il y a quelque temps de ça encore, après un petit-déjeuner malin, je téléphonais à mon chef produits (une expérience de pro) avant de passer déposer ma bagnole à l’espace pneus. Pas facile.

18 novembre 2007

Stoeck(el )vite!


Les manifestations contre la loi sur l'autonomie des universités (loi "Pécresse", Marie-Chantal fifille d'un cadre de chez Bolloré) puent la mauvaise suite du blockbuster de l'année 2006 "All against he CPE": même casting avec des héros fatigués et vieillis (Bruno Julliard en vieux-jeune en voie d'assoulinisation et Julie Coudry sans casquette mais toujours avec son baggy taille basse et son jaunisme syndical), même scénario usé jusqu'à la corde (Assemblées générales, blocages, manifs et racailles-lumpen à l'affût).

A vrai dire, il ne manque qu'un acteur à cette tragi-comédie, notre grand timonier, notre idole, notre commandante: Karl Stoeck(el). Eh oui, si les lycéens manquent à l'appel de ce joyeux bordel, c'est parce que l'ami Karl a grandi et s'est depuis engagé à l'UNEF dans sa faculté de droit (Panthéon-Sorbonne). Au CGBi, nous savons déjà que notre maître complote pour la succession du gris Julliard, cet apostat... attention, il va y avoir du sang sur les murs... puis des foules immenses... Kamarads... Karl ne nous a pas abandonné, enfin avec lui nous pouvons rêver de procès arbitraires, d'épuration sauvage, de masses au travail, de justice sans limites, de liberté immuable.

Stoeck(el) vite!

16 novembre 2007

Un homme est mort

Sur le papier, il vaut toujours mieux se recevoir un coup de taser (flingue électrique), qu'un pruneau. C'est l'argument de ceux qui fabriquent le truc, des ministres qui en équipent la police, et probablement de quelques pékins qui y ont eu droit.
Sauf qu'un flic, en général, ne se sert pas de son flingue très souvent, et jamais pour "maîtriser un récalcitrant". Or, il faut peu de choses pour être vu comme récalcitrant, et ça ne va pas s'améliorer...
Sur cette video atroce, des policiers bodybuildés et en nombre, arborant des uniformes martiaux et des démarches putament viriles, se paient un type au taser, un gros joufflu qui n'avait pas la bave aux lèvres, qu’on aurait pu « maîtriser » sans peine vu qu’il ne se battait pas, et qui en a claqué.

Le pire, dans tout ça, c’est que le flic qui a shooté n’a évidemment pas voulu tuer le type. Il a utilisé un pseudo flingue qu’on lui présente comme « non létal ». Et pourquoi se gêner ? Un récalcitrant ne se laisse pas faire (c'est-à-dire qu’il ne se met pas au garde-à-vous en disant oui oui) : flash ! On fait ça tous les jours, c’est banal ! Banal comme la mort d’un homme.

On est bien dans l’époque du on ne discute plus ! Quand vous gueulez parce qu’un service quelconque ne fonctionne pas comme vous voudriez, quand un train n’est pas à l’heure, quand un flic vous a vu passer au rouge alors qu’il était vert, pensez à ça…

Le rapport d’Amnesty International sur le Taser dit ça : « Depuis juin 2001, plus de 150 personnes sont mortes aux États-Unis après avoir été touchées par une arme incapacitante - l'année 2005 ayant fait à elle seule 61 victimes -, et les chiffres continuent de croître. La plupart des personnes décédées avaient reçu des décharges multiples ou prolongées. »

Arrêts sur le Ouisme


Au CGBi, on aurait jamais cru que le sieur Daniel Schneidermann se bonifie avec le temps... Plus ça va, plus notre cher curé télévisuel prend des accents murayesques.

Il faut lire sa dernière chronique sur la revanche du oui (suite d'on a marché sur le Oui).


L’éternel retour du ouisme
Par Daniel Schneidermann
QUOTIDIEN : vendredi 16 novembre 2007


Tout à leurs difficultés économiques, la grande majorité des Français n’en auront rien vu, rien su, rien entendu, mais la plupart des dispositions du traité constitutionnel européen, rejeté par référendum en 2005, devraient entrer bientôt en vigueur. L’accord sur le «traité simplifié», ou «mini-traité», est intervenu lors d’un sommet européen à Lisbonne, le mois dernier. Les téléspectateurs les plus attentifs se souviennent peut-être des titres triomphants des JT ce soir-là : l’Europe en panne a «redémarré». Elle est «sortie de l’ornière». Sourires sur les visages, soulagement général : l’épisode était à ranger dans le tiroir des bonnes nouvelles.

L’affaire a été d’autant plus rondement menée au 20 heures que l’adoption du traité de Lisbonne est intervenue en même temps que l’annonce du divorce du couple Sarkozy. Dans les rédactions, la tête était ailleurs.

Traité simplifié contre Constitution européenne : rien à voir, a priori, pour peu que l’on écoute distraitement. Et tout semblait fait pour assourdir le rappel au bruyant traumatisme de 2005, pour enfouir le souvenir des tonitruantes polémiques d’alors au cimetière des catastrophes fondatrices, avec la défaite de 1940 et Alésia. Il fallait donc tendre l’oreille, avec un effort de concentration hors de portée de l’immense majorité du commun des mortels, pour comprendre que ce traité simplifié reprenait 98 % du projet de la constitution rejetée, l’habillement constitutionnel (c’est-à-dire les symboles) en moins. «Cette fois, il sera adopté par la voie parlementaire», susurraient innocemment les JT, en se gardant bien d’ajouter : «Il n’y aura pas de référendum, parce qu’aucun dirigeant ne souhaite s’exposer à l’humiliation d’un nouveau refus populaire.» On ne disait pas : «Ce qu’un référendum a rejeté, le Parlement va l’adopter en catimini.» On disait encore moins : «On ne va tout de même pas consulter encore une fois les Français, ces grands enfants, sur des questions auxquelles ils ne comprennent rien.» C’était à chacun dans son coin de parvenir à ces conclusions.

Et tout fut à l’avenant. Le débat interne au PS ? Expédié dans les JT (de manière encore plus expéditive qu’au sein même du parti). Sur TF1, la démission du secrétaire du PS Benoît Hamon ne méritait qu’une brève de quelques secondes où la parole ne fut même pas donnée au démissionnaire.

Qu’en pensait donc le bon peuple ? Personne ne le lui demanda. Significativement, le premier sondage sur cette question a été commandé et publié par un journal… britannique, le Financial Times : il assurait que 63 % des Français seraient favorables à un référendum. Mais attention (complétait aussitôt un autre sondage), ils voteraient majoritairement oui, tout en… s’abstenant plus nombreux encore. Allez-y comprendre quelque chose. Mais peu importe. Ces rares sondages passèrent totalement inaperçus.

Comme pour toutes les occultations produites par la machine médiatique, celle-ci a des causes multiples. Au premier rang, sans doute, la complexité du sujet. Le traité simplifié, sans doute ainsi baptisé par dérision, est plus obscur, plus incompréhensible, plus inextricable encore que ne l’était le texte rejeté. C’est un catalogue d’amendements de 240 pages, qui obligerait ses (hypothétiques) lecteurs à se reporter en permanence aux traités de Rome et de Maastricht. Aucun des journalistes qui le commente au JT ne l’a manifestement lu. Tout semble d’ailleurs laisser penser que tel était le but de l’opération : saupoudrer dans un texte technique, et hermétique, la quasi-totalité des dispositions contenues dans le traité rejeté. Mais dans l’inépuisable catalogue des sujets dont ne parle pas le JT, il faut faire un sort particulier à tout ce qui concerne l’Europe et l’intégration européenne. Comme si la même histoire recommençait éternellement : celle d’une étanchéité totale, entre une confiance «naturelle» des politiques et des journalistes envers l’intégration européenne, et une méfiance viscérale, irréductible, d’une partie des électeurs.

Lors du référendum pour le traité de Maastricht en 1992, le oui ne l’emporta que d’extrême justesse, malgré une assourdissante campagne de la plupart des grands médias. On sait ce qu’il en fut en 2005, malgré, là encore, un déséquilibre des temps de parole en faveur du oui. Il en va de même aujourd’hui. L’Europe a regagné sa zone réservée, inaccessible et incompréhensible aux citoyens, avec la complicité tranquille du journal télévisé. Les voix qui s’élèvent pour demander un nouveau référendum sont systématiquement occultées. On dira que ces voix sont peu nombreuses. C’est vrai. Comme semblaient peu nombreux les partisans du non quelques mois avant le référendum de 2005.

Un mouvement d’opinion peut-il se cristalliser cette fois en dehors de tout cadre politique ou médiatique ? C’est l’enjeu des prochains mois.

Fillon à poil sur une peau de mouton

Sur le site de l’Express, on trouve aujourd’hui cet hallucinant, cet invraisemblable dossier : http://www.lexpress.fr/info/quotidien/reportage-photo/default.asp?id=461587

Dans l’empire romain, on voyait un peu partout des portraits assez souvent magnifiés de l’Empereur, qui manifestait ainsi sa puissance aux yeux de tous. Les derniers à se souvenir de cette tradition, même s’ils nous font rire, sont les potentats moyen-orientaux, les El Hassad, les Moubarak, les Nasser. Ils sont représentés dans des attitudes, sous des couleurs qui mettent en valeur leurs qualités de bravoure, de rôle de père de la nation, de justes, leur puissance ou leur gloire selon les cas et les besoins de la cause. Ça nous paraît ringard, assommant, antidémocratique ? OK.

Je gouverne, tas de minab'

Dans la France de 2007, un premier ministre se donne à voir sous les traits d’un bambin, jouant dans l’innocence, en culottes courtes. Puis, il fait de la trottinette, du vélo, il a treize ans et des boutons d’acné. Enfin, il fait un barbecue avec son beauf en comparant les mérites respectifs de la R16 de Robert et de la Fuego de papa. On a vachement progressé.

Winston Churchill

L’objectif premier d’une telle bouffonnerie, c’est de dire ceci : Fillon existe. La preuve : il a été bébé ! On n’y croyait pas, mais là, faut reconnaître, devant les petites fesses et le talc… On pensait que tout avait été fait à la politique française, il manquait encore la régression infantile. Du côté de la tombe à Muray, on note de fortes secousses et des courants d’air, probablement dus aux retournements frénétiques du taulier. Ça fait un bout de temps que les dirigeants tentent de se montrer plus « humains », plus « proches de nous », plus « semblables au bon peuple » : on les voit en jean assis sur une pelouse, on les voit faisant du vélo, on les voit se taper sur les cuisses, on les voit en tongs, on les voit en slip de bain : on les verra bientôt sans.

Le Général...

On a beau être cool, on a beau être post moderne, on a quand même du mal à se dire qu’on est dirigé par un ancien bébé ! et surtout que cette effrayante vérité pourrait galvaniser le français moyen, le faire adhérer au coup de collier salvateur et lui faire mieux avaler les couleuvres qui se préparent dans l’ombre, pour son bien. Tu parles d’un leader ! il essaye de nous attendrir pendant qu’on nous farcit l’arrière-garde ! Avant une négo sévère avec des gros bras bouffeurs de ministres, le mec leur sort l’album de famille… pourquoi pas une matinée diapos chez ma tante ? Ha, on n’est pas belliqueux ! on a l’intention d’en découdre avec personne ! Guili, guili! Ha, ils doivent bien trembler les Iraniens!

Gengis Khan

Il fut un temps où les dirigeants d’un pays essayaient au moins de donner une image digne d’eux-mêmes, souvent plus digne que la réalité, d’ailleurs, mais enfin, en l’espèce, l’intention primait. Ça signifiait je vous représente, je vous dirige, voici mon image, je suis face à vous, je me montre comme un homme (y’avait que des mecs, bon), je suis debout. Les portraits officiels des chefs d’Etat, c’était ça (jusqu’au tordant portrait de l’actuel Patron, que j’ai personnellement pris pour un canular pendant des mois, jusqu’à ce qu’on me menace de la camisole. Et puis, diront les historiens de demain, il y eut Fillon.


15 novembre 2007

School of sampling V1

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Hommage, pillage, éloge du système D, exhumation de vieux titres, mort de la créativité, un peu tout ça surement mais le sample fait aujourd'hui parti intégrante de la musique moderne. Pépite ou sample cramé jusqu'à la corde le CGB voyage dans le monde de l'échantillonage.

Débutons en douceur avec Dusty Springfield déjà récupéréé par le roi du pillage cinématographique Tarentino et ici samplée sans vergogne par Dj Muggs pour le planant Hits from the Bong de Cypress Hill.



Sarkozynejad




Notre président hyperactif aime les blond(e)s c'est un fait...mais delà à adopter les thèses de Métaprophète et des Rita Mitsouko... Nicolas Sarkozy croit dur comme fer au clash des civilisations et le hurle à chacun de ses interlocuteurs européens.

Il paraît qu'en Iran, il y a un président hystérique, Ahmadinejad... Emmanuel Todd dans sa dernière entrevue croit lui plutôt à Sarkozynejad:



Entrevue avec Emmanuel Todd Le Parisien-Aujourd'hui du 27 octobre

Vous rejetez l'idée d'un choc des civilisations entre l'Occident et le monde musulman et prétendez que ces deux ensembles se ressemblent de plus en plus. Votre thèse surprend?

Oui. Beaucoup de gens ont une image incroyable de l'islam, d'où leur surprise devant notre constat: "Quoi? Les arabes ne font plus d'enfants? Comment? L'Iran a la même fécondité que la France?" C'est effrayant, car cela revèle le poids des préjugés islamophobes. Notre livre est une réponse à ceux qui prétendent que l'islam ne peut pas entrer dans la modernité. La transition démographique, la baisse de la fécondité et la hausse du taux d'alphabétisation sont des phénomènes universels.
Mais la violence dans cette région est une réalité?

Oui, et nous ne tentons pas de la nier. Le passage à la modernité s'accompagne d'une crise de transition, d'une désorientation des populations. Le monde musulman produit de la violence: terrorisme, attentats-suicides, islamisme. Mais ce n'est pas une spécificité... Nous avons connu la même chose. Si on pense à la Révolution française et à la Terreur, aux révolutions anglaise, russe, au nazisme... Le monde musulman est très loin du compte!

Alors pourquoi fait-il si peur?

A cause de la mauvaise foi avec laquelle on perçoit le Moyen-Orient. Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner dressent la France en posture conflictuelle vis-à-vis de l'Iran. L'Iran n'est certes pas une démocratie parfaite mais ses habitants y votent tout le temps.

Vous écrivez qu'on se trompe sur l'Iran, que d'autres pays de la région sont beaucoup plus dangereux...

L'Iran est entouré d'Etats qui possèdent l'arme nucléaire: Pakistan, Israël, Inde sans oublier les Américains installés en Irak et en Afghanistan. Ses préoccupations sont les mêmes que les nôtres, ce pays nous ressemble. C'est un grand pays qui, au milieu d'une zone extrêmement mouvante, a des préoccupations de sécurité. Malheureusement, les responsables politiques français ne comprennent rien à l'Iran.

Le président Ahmadinejad avec ses provocations ne vous inquiète pas?

Attention, l'Iran ce n'est pas Ahmadinejad! Le président iranien est cinglé mais il a déjà perdu sa majorité et n'a plus aucun pouvoir. Tandis que nous, en France, nous avons un président extrêmement agité. Sarkozy est en passe de devenir l'Ahmadinejad français, c'est un "Sarkozynejad".

Vous n'y allez pas un peu fort?

Non. La seule différence- et elle a de quoi inquiéter- c'est que la France possède l'arme nucléaire. Nous sommes une puissance nulcéaire qui menace un pays qui n'a pas la bombe. C'est une incitation supplémentaire de l'Iran à acquérir l'arme atomique!

L'Iran doté de la bombe atomique, cela ne vous effraie pas?

Non. Ce serait même légitime. Ce serait un élément stabilisateur. Le seul exemple d'utilisation de l'arme nucléaire, c'est dnas une situation d'asymétrie, c'est à dire que les Etats-Unis étaient les seuls à la posséder. En revanche dès qu'on a symétrie nucléaire, on entre dans un régime d'équilibre et de paix. Ainsi, j'ai déjà recommandé aux Japonais l'acquisition de la bombe pour clamer les chinois. J'ajoute que l'Inde et le Pakistan ont des rapports plus apaisés depuis qu'ils sont tous deux des puissances nucléaires.

En quoi trouvez-vous Nicolas Sarkozy si radical?

S'il a été élu, c'est parce qu'il a été ministre de l'intérieur, qu'il a provoqué les jeunes des banlieue, créant un conflit dans la société. Cela lui a permis de capter une partie de l'électorat FN. En un sens, l'islamophobie, mélangée à l'immigrophobie, est un élement structurant pour le système politique français.

Que voulez-vous dire?

Le système Sarkozy, c'est la désignation de coupables: les gosses d'origine, les "privilégiés" des régimes spéciaux, les fonctionnaires... Des "coupables" qui servent à masquer la réalité d'un pouvoir au service des plus riches. Le débat sur les test ADN était révélateur. La désignation d'un coupable- l'immigré qui fraude sur le regroupement familial- permet de faire oublier les cadeaux fiscaux aux riches. Ce système cherche à tirer de nous le pire de nous-mêmes.


14 novembre 2007

Deblockage

Pourquoi Nicolas Sarkozy s’ennuierait il à envoyer des gendarmes mobiles ou des CRS pour débloquer les facs ?? Alors que ce “service” peut être effectué par les étudiants eux-mêmes ?? (après suggestion de la DST et des RG).

Hasch de Zoé prod.

Hasch de Zoé productions présentent :

- Soupe Dauby Doc "Dèche lande" -

L'enregistrement (6 days biatch Studios):



Le clip (no1 au Tchad) :





le bonus :



et bientôt le prochain single : "Popopop !! Laisse pas traîner ton fils"

Le Divin Marché

Dany-Robert Dufour, philosophe et professeur en sciences de l'éducation, analyse ce nouveau dieu qu'est le Marché et la religion qui lui est associé, le libéralisme - religion qui règne désormais sans partage et dont les effets sont de plus en plus délétères. Le commandement majeur de cette nouvelle religion très inquiétante est : "Ne pensez plus, dépensez !"



Pour ceux qui préfèrent lire, voici la transcription de l'interview.



Dany-Robert Dufour – France Info, samedi 10 novembre 2007 (émission le 7/9 du week-end)

Journaliste : Bonjour, Dany-Robert Dufour. Vous êtes philosophe. Vous observez depuis plusieurs années maintenant les changements dans notre société, notre façon d’agir, de penser. Et par exemple, on se croit libres, dégagés du carcan religieux. Pourtant, nous sommes, dites vous, sous l’emprise d’un nouveau dieu et d’une nouvelle religion. Laquelle ?

Dany-Robert Dufour : Nous sommes tombés à mon avis sous l’emprise d’un nouveau dieu que j’appelle le Marché. Alors, effectivement c’est une religion toute nouvelle par rapport aux anciennes religions puisque les anciennes religions portaient un certains nombre d’interdits, un catalogue d’interdits, un décalogue d’interdits. Tu ne tueras pas, tu ne mentiras pas, tu ne convoiteras pas la femme de ton voisin etc. . Et la spécificité de ce nouveau dieu, c’est qu’il nous dirait tout à fait le contraire. Il nous dirait « allez y, jouissez, jouissez, on s’occupe du reste » ; « une Providence divine va intervenir qui va autoréguler les égoïsmes privés pour produire de la richesse publique. »

J : Mais alors en quoi est-ce un problème ce dieu qui nous incite à prendre du plaisir, à jouir de la vie. Ca paraît quand même plus sympathique non ?

D-R D : Ca paraît au premier abord plus sympathique, le problème c’est que nous ne sommes pas spécialement aptes à cette jouissance et que ceci produit des effets considérables dans les autres grandes économies humaines. Ca marche très bien pour l’économie marchande, ça produit de la richesse, mais le problème c’est que ça détruit les autres économies humaines, et même l‘économie tout court, l’économie du vivant, puisqu’il se trouve que la production infinie de la richesse rencontre la finitude de la Terre. Et ceci produit des effets délètères sur le reste des autres économies.

J : Quel est le mécanisme intime de cette religion ? Vous expliquez par exemple dans votre livre qu’ il s’agit de flatter les égoismes et les vices cachés que nous avons en nous.

D-R D : C’est ça. Il s’agit de libérer les passions, ce qu’on appelle maintenant les pulsions : libérons les pulsions ! Et ceci sert à faire en sorte qu’en face de chaque pulsion on puisse rencontrer un objet manufacturé qui vienne satisfaire la pulsion.
Et donc le problème c’est que nous partons des égoismes privés et qu’à partir de ceux ci nous obtenons une mise en troupeau de ce qui devient des consommateurs, pour donc satisfaire ces vices privés. Contrairement à ce tout qu’on croit, nous ne sommes pas dans une société individualiste mais dans une société où l’égoïsme privé est en quelque sorte utilisé pour mettre en troupeaux de consommateurs l’ensemble des membres de cette société.

J : Vous utilisez même une formule plutôt rigolote : « ne pensez plus, dépensez ! »

D-R D : Oui, parce qu’elle me semble synthétiser les commandements de cette nouvelle religion. J’ai décliné ce « jouissez » en une série de commandements et le commadement majeur me semble être celui-ci : « ne pensez plus, dépensez ».


J : Mais en quoi est-ce un leurre forcément ?

D-R D : C’est un leurre car ceci nous laisse dans notre sphère privée et ceci ne nous mène pas bien loin hors de la satisfaction égoïste de nos intérêts.

J : Mais ça rend pas plus heureux. ?

D-R D : Si ça nous rendait plus heureux, ça serait formidable. Le seul problème, c’est que nous sommes là dans une économie qui est une économie de la jouissance et qu’il y a des ratés dans l’économie de la jouissance. Si on y arrivait, ça serait formidable. Mais on y arrive pas toujours. Il y a par exemple des ratés forts importants au niveau la satisfaction de ces besoins. On se retrouve dans la position où on doit se construire tout seul par rapport à ces besoins, en utilisant les objets du Marché. On y arrive pas toujours et donc nous sommes soit en deçà de nous-mêmes, dans la mélancolie parce qu’on y arrive pas, soit au-delà de nous-mêmes, dans une sorte d’infatuation subjective qui se caractérise par un certain nombre de positions des individus dans les sociétés contemporaines. Il y a donc des ratés de la jouissance. Il y a même beaucoup d’autres ratés de la jouissance. Comme on arrive pas à intégrer une limite, le problème c’est la limite. C’est la production de la richesse infinie et de la jouissance infinie. Il en faut toujours plus. Et donc cela on y arrive pas. C’est un peu la position de l’addiction, il en faut toujours plus.

J : Dany-Robert Dufour, en quoi ce dogme du libéralisme actuel est-il à vos yeux une véritable une révolution culturelle ?

D-R D : Parce qu’il est en train de renouveler complètement les formes de la culture, tout simplement. Nous quittons des anciennes formes qui correspondaient à un équilibre entre le libéralisme et puis l’autre grande tendance des Lumières qui était le transcendantalisme qui lui impliquait au contraire la nécessité d’une régulation, d’une régulation morale. Or là nous sommes face à une dérégulation morale. Et je crois que c’est fondamentalement ceci le libéralisme : c’est la dérégulation morale. On pourrait dire que le libéralisme nous a libérés des interdits. Mais en nous libérant des interdits, il est en train de produire un certain nombre d’effets qui sont des effets hautement problématiques, hautement pervers. Je ne suis pas contre le libéralisme, je suis simplement en train de dire que le libéralisme produit des effets qui sont des effets contre-productifs qui viennent à ruiner la possibilité même des sociétés libérales. Il faudrait presque sauver le libéralisme de lui-même .

J : Jusqu’où cela peut nous mener cette révolution culturelle ?

D-R D : Cela nous mène au point où nous en sommes. Cela nous mène à une nouvelle forme de guerre de religions, religion du Marché contre d’anciennes formes religieuses .
Ca nous mène aussi à des désarrois considérables au niveau de ce qui faisait le lien social. Cela nous mène à des désarrois au niveau des modalités qui faisaient tenir les individus, c'est-à-dire la façon dont ils se subjectivaient. Maintenant comme ils sont lancés dans une économie de la jouissance, ils sont toujours en retard de quelque chose, en déficit par rapport à ce qu’ils voudraient, constamment infantilisés par rapport à un « je veux » qui relancerait leur demande. Donc, ils sont toujours dans un « je veux, je veux, je veux » qu’ils n’obtiennent pas nécessairement et donc cela laisse less individus fortement désemparés.

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